Royaume-Uni : vers l'interdiction des liens publicitaires à connotation financière?

Par 08 septembre 2011
Mots-clés : Future of Retail, Europe
crédit internet

Le web anglais songe à bannir les réclames faisant la promotion d'accès à des prêts financiers. Cela parce qu'elles empêcheraient le consommateur de prendre conscience des risques qu'il encourt. Une proposition qui suscite la polémique.

La publicité promouvant l'accès rapide à des prêts par Internet - via les bannières et le pay-per-click - peut-elle être limitée sous prétexte qu'elle ne décrirait pas assez précisément les conditions allant avec l'obtention d'un tel service ? C'est ce que tend à penser l'institut anglais "Office of Fair Trading" (OFT, le régulateur de la concurrence), qui souhaite bannir de Google, Facebook et Twitter les publicités vantant les entreprises de gestion de prêts. Selon ce dernier, le nombre de caractères réduits qu'induit l'usage de bannières empêche l'annonceur d'être suffisamment exhaustif. Par voie de fait, il manquerait aux consommateurs des informations cruciales lui permettant de se faire un avis qui soit réfléchi et cohérent. Cette volonté affichée provoque un fort débat outre-manche. En agissant ainsi, on touche en effet au principe même du libre commerce, estiment les détracteurs de la proposition.

Du moment que la page associée au lien est conforme, ce dernier importe peu

Un avis partagé par Frank Michel, CEO de la Social Mix Media Agency, et interrogé par L'Atelier : "envisager cette mesure est la preuve d'une méconnaissance totale du web", explique t-il. Avant d'ajouter : "Personne n'aurait l'idée de demander à Coca-Cola d'ajouter la mention 'ne pas manger trop sucré, salé, gras' sur un simple lien commercial". Selon lui, ce qui compte, c'est le contenu de la page vers laquelle le lien conduit, et non le lien en lui-même. "A condition bien sûr qu'il ne soit pas mensonger".

Des mesures qui vont à l'encontre du fonctionnement publicitaire du net

Ainsi, estime le responsable, "vouloir limiter ce type d'annonces est complètement aberrant, dans le sens où celles-ci constituent la base de toute publicité online. Agir de la sorte reviendrait à remettre en cause tout le fonctionnement du modèle publicitaire Internet". Cette phrase prend tout son sens lorsque l'on sait que Google réalise 97 % de ses profits par le biais des bannières qui apparaissent lors de recherches effectuées via son moteur de recherche. Signalons pour finir que la confrontation risque de ne pas s'arrêter là, puisque l'OFT envisage d'étendre ces mesures à l'industrie du crédit toute entière.

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