RSF récompense Guillermo Fariñas: un Internet libre à Cuba!

Par 14 décembre 2006

Un accès libre à Internet pour tous les Cubains! C'est ce que réclame le directeur de l'agence de presse indépendante Cubanacàn Press, Guillermo Fariñas, qui a entamé en février 2006 une...

Un accès libre à Internet pour tous les Cubains! C'est ce que réclame le directeur de l'agence de presse indépendante Cubanacàn Press, Guillermo Fariñas, qui a entamé en février 2006 une grève de la faim pour se faire entendre. Pour récompenser son action, Reporters sans Frontières vient de lui décerner le prix cyberliberté 2006.
 
Le 31 août 2006, le journaliste, surnommé "El coco", était hospitalisé de force par les autorités dans le but de mettre un terme à son combat qui prenait de plus en plus d'ampleur. Quelques mois après, le gouvernement lui proposait un accès "restreint" au Web. Une proposition refusée par ce cyberdissident qui a expliqué qu'il lui était impossible d'exercer son métier en étant tributaire d'informations filtrées.
 
Les autorités cubaines, qui craignent que le Web ne véhicule des contenus "contre-révolutionnaire", interdisent les connexions privées, obligeant les Cubains à passer par des points d'accès public, où la majorité des ordinateurs est équipée de logiciels. Ceux-ci repèrent les mots "interdits" et déclenchent un message d'alerte. A côté, la Chine ferait presque figure d'enfant de chœur!
 
Les journalistes, quant à eux, encourent des peines pouvant aller jusqu'à 20 ans de prison pour la publication sur des sites étrangers d'articles jugés "contre-révolutionnaire", et cinq ans pour connexion illégale à Internet.
 
Aujourd'hui, Guillermo Fariñas, qui a perdu 15 kilos pendant sa grève de la faim, continue son combat. Très écouté par ses pairs, il informe régulièrement les médias étrangers des entorses faites dans son pays aux droits de l'homme et de la presse.
 
Cuba n'est pas le seul pays où l'accès à Internet est bridé. En Syrie, le président Bachar el-Assad a instauré des systèmes de filtrage systématique pour repérer les publications opposées à son régime. Habib Saleh, écrivain et homme d'affaires accusé d'avoir "propagé des informations mensongères", était également en lice pour le prix de RSF. Un prix révélateur d'une vérité bien amère...
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 14/12/2006)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas