En Russie, le collaboratif peine encore à s'installer en entreprise

Par 10 août 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

La méconnaissance des outils informatiques ou encore la crainte d'être en désaccord avec sa hiérarchie freine l'intégration des blogs et réseaux sociaux dans le secteur professionnel.

Les entreprises russes s'intéressent encore peu aux outils 2.0 tels que les réseaux sociaux ou les blogs professionnels. C'est la conclusion de Artiom Mochkov, directeur technique chez SBNBET et interrogé par L'Atelier. Selon lui, depuis leur arrivée sur le marché russe en 2007, les réseaux sociaux restent toujours à l'état embryonnaire dans le monde professionnel. Même situation pour les blogs professionnels. La pratique existe, mais les entreprises n'y accordent que très peu d'importance. C'est la plupart du temps aux services spécialisés (Communication et Marketing) ou même à des organisations tierces de nourrir les blogs. Chose faite souvent de  façon irrégulière. "Un simple salarié va hésiter avant de contribuer au blog d'entreprise", précise Artiom Mochkov."Car il existe parfois une censure de la part de la direction". Autre argument avancé : l'une des causes de la faible intégration du 2.0, c'est que les dirigeants n'en comprennent pas encore l'utilité.
Manque de connaissance et d'intérêt
Selon Artiom Moshkov, ceci est souvent dû à une méconnaissance des outils informatiques. "La clientèle russe ne sait pas ce que c'est, à quoi ça sert, quels bénéfices en tirer", explique t-il. Et d'ajouter :"Parfois, il faut expliquer aux clients les choses les plus basiques : tags, wiki...". Ce constat est confirmé par Ekatérina Dolgikova, directrice générale chez Scipètre* : "Une majorité de dirigeants croit que les anciennes méthodes comme les réunions matinales sont plus efficaces". L'autre problème, c'est que les salariés sont déjà très présents sur des réseaux grand public. "Les collègues sont "amis" sur Facebook", poursuit Artiom Mochkov."Les gens ne voient du coup pas d'intérêt à passer au web corporatif". Ainsi, afin de motiver les salariés, l'opérateur mobile MTS a dû créer tout un système de bonus gratifiant la participation active, ajoute le directeur technique.
Les exceptions du règle
Un processus coûteux et à grand risque. Dernière chose : le 2.0 est peu compatible dans des entreprises où le mode d'organisation reste encore vertical. "La loi dans les entreprises est de gouverner d'une façon centralisée". Reste que le tableau est loin d'être sombre : les professionnels sont ainsi de plus en plus nombreux à se servir des réseaux sociaux pour faire de la communication externe et promouvoir leurs produits et services. Car les audiences sont plus importantes et les bénéfices plus faciles à estimer. Par ailleurs, certains secteurs ont plus tendance à intégrer le web collaboratif : compagnies d'assurance, banques, opérateurs mobiles. Mais cet engouement est encore à attribuer aux entreprises de grande taille, souvent des sociétés occidentales installées en Russie.
* Un développeur de logiciels pour les réseaux sociaux.

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