Russie : haro sur le sans-fil

Par 14 mai 2008
Mots-clés : Digital Working, Europe

Les millionnaires russes et anglais consolident leurs positions dans l'Internet mobile, que ce soit via des opérateurs installés ou des entreprises en devenir.

Qu’y a-t-il de commun entre Alisher Ousmanov et Richard Branson ? Ce sont deux millionnaires. Certes, mais leurs points communs sont plus nombreux. La grande fortune russe et l’investisseur anglais sont tous deux actifs dans les technologies sans-fil. D’après le Moscow Times, la holding d’Ousmanov - AF Telecom - vient d’acheter 58,9 % de Telecominvest pour un montant non spécifié. Le but de cet investissement : augmenter sa part dans le capital de MegaFon. Celui-ci n’étant pas moins que le troisième opérateur de téléphonie mobile russe avec 33,8 millions d’abonnés fin 2007 (source BuddeComm). Résultat des courses, Alisher Ousmanov détient près de 40 % des actions de ce telco.
Branson sur le WiMax
Quant à Sir Branson, il a jeté son dévolu sur la technologie de haut débit sans fil WiMax. Ce, en lançant un nouvel opérateur qui sera présent dans trente villes de l’ex-URSS. Pas étonnant que ces deux riches entrepreneurs soient si présents dans la mobilité. La pénétration du mobile en Russie dépasse les 100 %, mais le revenu généré par abonné est encore très faible si on le compare aux standards français. Quant à l’Internet haut-débit, il n’est encore qu’embryonnaire : en 2006 la pénétration n’était que de 2 % selon le cabinet d’analyse australien BuddeComm. Soit même pas trois millions d’abonnés. Certaines prévisions estiment que ce nombre devrait être supérieur à dix-sept millions en 2011.
Moins de trois millions de russes surfent à haut débit
Et ce n’est pas forcement le câble ou le filaire qui vont emporter l’adhésion : vu l’étendue du pays et les aléas climatiques, le sans-fil semble être une des solutions les plus simples. Tout cela explique le lancement de multiples réseaux WiMax dans l’ancien empire. Cette frénésie pour tout ce qui touche à la mobilité traduit aussi les velléités de régulation du gouvernement russe. Celui-ci vient tout juste de limiter les possibilités d’acquisition de sociétés stratégiques par les entreprises ou fonds contrôlés par des états étrangers. Dans le même temps, Vladimir Poutine - tout juste nommé premier ministre et très présent dans les médias - a réaffirmé sa volonté d’aider les entreprises russes à devenir des champions internationaux.

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