"Les salariés ne s'expriment que s'ils sont fiers de leur entreprise"

Par 20 février 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
Julien Cotte

Un collaborateur au courant des initiatives menées par son entreprise et qui se sent proche de celles-ci n'hésitera pas à en parler sur les réseaux sociaux. Un désir d'expression qu'il faut entourer sans l'encadrer.

 

Entretien avec Julien Cotte, HR Community Manager et Directeur des ressources humaines du site de Velizy chez Alcatel-Lucent.

Qu'est-ce qui pousse les gens à évoquer leurs activités et leur entreprise sur leurs comptes sur les réseaux sociaux ?

Les salariés ne s'expriment que s'ils se sentent fiers d'appartenir à leur entreprise. Sinon, ils ne le font pas. Quand on se rend compte des valeurs de son entreprise, on a envie d'en parler.

Plus le salarié évolue dans un environnement de travail global, avec une équipe avec laquelle il s'entend bien, plus il se sent à l'aise. Il ne s'agit pas de tomber dans le travers de dire qu'en tant qu'entreprise, on a mis plein de choses en place. Mais il faut mettre en place un socle efficace et veiller à ce qu'il y ait de bonnes relations de travail. Cela facilite le fait ensuite que les salariés deviennent des ambassadeurs.

Cela a-t-il fait l'objet d'une véritable stratégie en interne ?

Ce qui est sûr, c'est que nous voulions changer notre image de marque globale, afin de mieux attirer et retenir. Nous avons donc beaucoup travaillé le principe de marque employeur. Nous avions besoin de remettre au cœur de notre politique RH le fait que nous avons une existence, une vie riche. Cela, notamment par le biais d'une plate-forme interne, qui nous a permis de distiller assez facilement des informations. D'autant que, si nous faisons beaucoup de choses en interne, nous ne nous permettions pas forcément de beaucoup communiquer dessus, en interne comme en externe.

Que retire un collaborateur du fait de s'exprimer sur son entreprise en externe ?

Je crois que montrer aux salariés qu'ils peuvent s'exprimer sans être censurés fait tomber plusieurs barrières et responsabilise. Du coup, cela dynamise la personne, et augmente sa motivation.

Comment faire pour créer cette culture, pour mettre en avant ses valeurs sans imposer ?

Il faut mettre au point un canevas d'informations à disposition des salariés. Mais surtout il faut leur montrer qu'on les considère.

L'autre partie importante, c'est de rassurer les salariés sur leur propre communication. Il ne faut pas les brider. On s'aperçoit que même quand ils font des critiques sur l'entreprise, celles-ci sont constructives. Accepter les remarques et savoir montrer l'exemple me semble primordial. Il faut donc, en tant qu'entreprise, savoir jouer le jeu et rester humble.

Et sur le long terme, faut-il structurer la communication des salariés sur les réseaux sociaux ?

Non, je ne pense pas qu'il faille industrialiser. Mais il est toujours possible de soutenir. Sur Engage, nous avons un groupe pour les personnes qui twittent au nom de l'entreprise, avec un community manager, qui identifie et contacte les individus. Sur ce réseau, nous donnons des bonnes pratiques, certes, mais absolument pas une politique à suivre.

Nous ne pratiquons pas l'incitation, nous ne disons pas au gens "Twittez ce que vous faîtes". Mais quand nous organisons un événement en interne ou lié à la marque employeur, nous parlons avec les personnes impliquées de la possibilité de s'exprimer dessus.

Quels sont les bénéfices pour une marque ?

Cela permet d'être connu et reconnu. Le fait d'être une marque BéB, par exemple, peut être un handicap. En effet nous sommes bien identifiés des experts techniques mais moins du grand public et des candidats potentiels. Sur ce point là, nous avons du travail à faire. Il faut susciter l'envie. Le fait de voir des collaborateurs parler des actions menées par l'entreprise en est une approche intéressante. 

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