San Francisco, capitale mondiale de la fintech ?

Par 20 mai 2016
Fintech San Francisco

Dans la bataille de la scène fintech la plus active, San Francisco pourrait bien damer le pion à Londres.

Beaucoup de villes, comme Londres, essaient de se décréter “capitale” mondiale de la fintech. Il est vrai que de nombreux accélérateurs ont vu le jour dernièrement et que cette ville est souvent le port d’attache des start-up en fintech voulant attaquer l’Europe. San Francisco et plus globalement la Silicon Valley, elle, n’essaie pas de se décréter capitale de la fintech. Et pourtant les faits montrent que c’est un lieu incontournable.

Silicon Valley, 1ère région du monde à attirer les investisseurs

La Silicon Valley est la région n°1, en matière d’investissements : 56% des investissements mondiaux se font aux Etats-Unis et la majorité d’entre eux, dans la région de San Francisco (pas moins de 13 milliards de dollars en 2015). Parmi eux, environ 11% des investissements sont dédiés au sujet des Fintech.

Ensuite, le vivier de start-up présentes ici est impressionnant : la Silicon Valley compte entre 15 000 et 20 000 start-up (tous sujets confondus). Côté fintech, il y a les gros acteurs historiques comme Paypal, Square, Lending Club mais également un immense vivier de prometteuses start-up qui cherchent à améliorer, voire transformer l’expérience bancaire.  

Après le paiement, le crédit, place aux fintechs en investissement

Nous avons connu une 1ère vague Fintech autour des paiements, - Stripe est une belle pépite à suivre, une 2ème vague autour du crédit aux particuliers et aux entreprises. Et nous connaissons actuellement une 3ème vague sur l’investissement. Après l’émergence de bon nombre d’acteurs d’investissement en ligne, généralistes (incluant les robot conseillers), on vit désormais aux Etats-Unis une “verticalisation” des acteurs : Lending Robot (automatisation de l’investissement dans des prêts entre particuliers), Equyzen (investissement dans des entreprises de la tech non côtées en bourse, comme AirBnB, Spotify ou encore Lyft) ou encore la start-up de Philadelphie, WorthFM, qui vient de lancer un robot qui conseille les femmes. Dans ce dernier cas, le conseil n’est pas en soi différent mais WorthFm insiste sur l’éducation financière. Les études le montrent : aux Etats-Unis, les femmes se considèrent moins pointues en culture d’investissement et apprécient d’être “éduquées” financièrement.

Les sujets de préoccupation des banques nourrissent l’innovation des Fintech

La compliance préoccupe beaucoup : tout outil permettant d’améliorer les process de “Know Your Customer” est le bienvenu. Ainsi, Qumram, la start-up suisse, présente à Finovate à San Jose, enregistre toutes les interactions clients sur tous les canaux digitaux, de WhatsApp à Linkedin.

Pour réduire les coûts de fonctionnement des banques, la vague des “chat robots” (ces robots qui tchattent grâce à l’intelligence artificielle) veulent adresser les banques. C’est le cas de start-up comme KORE.

Et enfin, pour améliorer l’efficacité, les process, et gagner du temps, la blockchain propose de changer la donne, en matière de gestion des transactions.

Même si les acteurs de la fintech ont été secoués ces derniers jours avec les annonces de Lending Club et de Prosper, et même si les investissements ralentissent ici, le sujet des fintechs reste très dynamique. Et pour cause, ces start-ups créent de nouveaux standards clients. Et les banques ont bien compris que les fintechs étaient un très bon levier d’innovation. Les banques américaines multiplient ainsi les collaborations, rachats et investissements.

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