A San Francisco, les capteurs garent les voitures

Par 16 juillet 2008

La ville s'équipe d'un réseau de capteurs capables d'identifier les places de parking libres et d'en informer les automobilistes en temps réel. Ces derniers peuvent aussi régler leurs tarifs à distance depuis leur mobile.

L'Allemagne déploie déjà des réseaux de capteurs et des bases de données informatisées pour mettre en place un réseau routier virtuel permettant de fluidifier la circulation. San Francisco s'intéresse à un autre problème accusé de congestionner les routes : la recherche de places de parking. Pour permettre aux automobilistes de trouver plus facilement où se garer, la ville travaille sur une initiative qui permettra d'alerter automatiquement les conducteurs de la présence d'une place libre à proximité. Les informations seront affichées sur un écran dédié et installé dans leur véhicule ou sur leur smartphone, pour ceux qui en possèdent. Concrètement, le système consiste en un réseau de capteurs sans-fil, capables d'indiquer en temps réel si une place est occupée ou non. Le dispositif peut également indiquer la vitesse moyenne de circulation dans une rue.
Régler le prix du parking à distance
Ce, afin d'alimenter la base de données en informations en temps réel sur la qualité du trafic, et de proposer éventuellement aux automobilistes des itinéraires alternatifs. Chaque capteur, baptisé "bump" (pour bosse) est collé sur le bitume de chaque place de parking. Il fonctionne grâce à une batterie dont la durée de vie est estimée entre cinq et dix ans. A noter : les automobilistes pourront payer la location de leur place depuis leur téléphone. S'ils dépassent la durée indiquée, il sera possible de la prolonger, toujours par téléphone. Pour le moment, seuls six mille des vingt quatre milles mètres carrés réservés au parking dans la cité seront équipés. L'ensemble des rues et les parkings en sous-sol devraient être concernés aux environs de 2010.
Un réseau intelligent
Et la décision n'a rien d'anodin : selon une étude de Transportation Alternatives appliquée aux rues de New York, entre 30 et 45 % du trafic serait généré chaque jour par des personnes qui recherchent un emplacement libre pour garer leur voiture. "Nous sommes en fait en train de construire un système d'exploitation pour la ville qui permet aux citoyens de communiquer et de contrôler les objets inanimés afin d'améliorer la qualité des services municipaux", explique d'ailleurs au New York Times Tod Dykstra, P-DG de Streetline, le fournisseur de capteurs sans-fil de la ville. Le but est également de fluidifier le trafic sans avoir à imposer des conditions restrictives comme dans certaines villes comme Londres. L'initiative est baptisée SFpark Smart Parking Management Program. Elle est déployée par le SFMTA, l'agence municipale des transports. Elle a bénéficié d'une enveloppe de 20 millions de dollars par le département américain des transports (DOT) et la Federal Highway Administration.

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