L'e-santé européenne est encore morcelée

Par 28 avril 2008
Mots-clés : Smart city, Europe

Les médecins généralistes européens adoptent peu à peu les nouvelles technologies pour le suivi des patients. L'usage de la télémédecine et les échanges de données transfrontaliers restent cependant encore confidentiels.

La moitié des praticiens européens possède une connexion haut-débit. Cette statistique flatteuse cache une disparité forte dans l'accès et l'utilisation des technologies dites de l'information et de la communication sur le Vieux Continent. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par la Commission européenne sur l'utilisation des TIC par les médecins généralistes*. Ainsi, si près de neuf professionnels sur dix disposent du haut débit au Danemark, ils ne sont que 5 % en Roumanie. Dans ce contexte en demi-teinte, l'utilisation des technologies pour des services comme la prescription en ligne ou la télésurveillance, qui permettraient à un plus grand nombre de patients de bénéficier à moindre coût de soins et de suivi de santé, est loin d'être monnaie courante. Seuls 6 % des praticiens ont ainsi recours à la prescription en ligne.
Les pays nordiques en tête
Ce, principalement dans trois pays nordiques, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède. Il en est de même pour les services de télémédecine, qui s'adressent aux patients souffrant d'une maladie chronique et nécessitant un suivi régulier plus qu'une hospitalisation (diabète, problèmes cardiaques...). Seuls trois pays - situés au nord de l'Europe - l'utilisent, et avec parcimonie, puisque en Suède, première du palmarès, seulement un médecin sur dix y a recours. Ils sont à peine 3 % aux Pays-Bas et en Islande. Enfin, il en est de même pour l'échange transfrontalier de données. 1 % seulement des généralistes utilisent ce système, principalement aux Pays-Bas. Principaux freins invoqués par les praticiens, en plus du manque éventuel de connectivité : le manque de formation et d'assistance technique. Pour résoudre ce problème, la Commission rappelle la nécessité d'intégrer des modules spécialisés au programme des écoles de médecine.
Télémédecine et échanges transfrontaliers en ligne de mire
Plus concrètement, elle devrait déployer plusieurs projets destinés à favoriser la mise en place de services de santé en ligne transfrontaliers pour les patients qui voyagent au sein de l'Union européenne. Ces projets doivent viser prioritairement les pays où la situation en termes de connectivité et d'accès au TIC est encore précaire. Les autres pays étant plus susceptibles de trouver seuls les moyens de généraliser l'utilisation des TIC dans la médecine : deux tiers des médecins danois sont ainsi déjà rodés à la communication via courrier électronique, contre à peine 4 % au sein de toute l'Union. Cependant tout est loin d'être noir, bien au contraire : aujourd'hui, près de 70 % des professionnels utilisent Internet et neuf sur dix un ordinateur. "L'Europe commence à profiter des bienfaits des connexions à haut débit dans le secteur des services électroniques appliqués aux soins de santé", rappelle ainsi Viviane Reding, chargée de la société de l'information et des médias.
*Etude réalisée sur 7 000 généralistes au troisième trimestre 2007.

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