Santé : les sites officiels ont plus la faveur que les médias collaboratifs

Par 08 février 2010

Selon qu'elle est publiée sur un blog ou un site Internet, une information médicale ne sera pas accueillie de la même manière par les internautes. Et ce, même si elle est écrite par un professionnel de la santé.

Une information rédigée par un médecin sur Internet sera considérée comme moins crédible si elle apparaît sur un blog plutôt que sur un site plus officiel. C’est ce qui ressort d’une étude de l’université d’Etat de Pennsylvanie. La raison : les modérateurs et les responsables de sites Internet s’assurent que les informations qui sont publiées sur les plates-formes reconnues sont avérées et complètes. Une sécurité qui manque aux blogs, forums et réseaux sociaux. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont étudié la réaction de volontaires à plusieurs recherches effectuées sur le web. Recherches calquées sur celles effectuées en général par les internautes. "La plupart des gens s'enquiert d'une information médicale en ligne en indiquant les symptômes de la maladie dans divers moteurs de recherche", explique le professeur Shyam Sundar.
Des informations considérées comme plus fiables
Et les résultats qui apparaissent sont très variés : du site d’une clinique réputée au blog personnel d’un inconnu. Les participants à l’étude - des étudiants - se sont montrés plus susceptibles de croire (et d’utiliser par la suite) des informations provenant d’un expert plutôt que d’un non-initié. Pour Denise Silber, présidente de Basil Strategies, de tels résultats doivent être nuancés. "Des études précédentes ont plutôt confirmé le fait que sur Internet, les gens ne regardent pas la source des informations qu’ils consultent", note-t-elle. Selon elle, il faut prendre en compte du coup le fait que l’étude s'est intéressée exclusivement à des étudiants, un public jeune peut-être plus habitué à surfer sur Internet.
« Les médecins doivent parler d’Internet avec leurs patients »
Pour autant, un tel comportement des internautes en général n’est pas forcément inquiétant. "Les utilisateurs ne regardent pas un site avant de passer immédiatement à l’action", rassure la spécialiste de l’e-santé. Au contraire, les internautes vont surfer sur différents sites et se faire leur propre opinion. Les professionnels de la santé ne sont de toute façon jamais complètement occultés de ce processus. "L’expérience montre que les patients consultent Internet juste avant et juste après une consultation", rappelle-t-elle. Reste à éduquer les individus pour qu’ils adoptent le même recul que les participants à l'étude quand il s’agit de chercher des informations médicales sur Internet. "Les médecins doivent parler d’Internet avec leurs patients", conclut Denise Silber.

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