Le satellite seconde le GSM pour coordonner les secours

Par 24 juillet 2008
Mots-clés : Smart city

Wisecom a développé un réseau GSM portable qui se connecte en quelques minutes à un satellite pour rétablir les télécommunications après une catastrophe. Il embarque des capteurs pour localiser urgentistes et victimes.

Lors d'une catastrophe naturelle ou d'un attentat, les infrastructures de télécommunications sont souvent détruites. Une dégradation qui empêche les équipes de secours de communiquer avec leur quartier général pour réclamer du matériel ou du personnel supplémentaires. Le projet européen Wisecom met au point un réseau GSM portable à même de rétablir les communications voix et données en quelques minutes. Chaque dispositif, qui intègre une connexion Wi-Fi, repère la présence de satellites auxquels il se connecte afin d'être relié à un réseau mobile - global ou national. Il suffit alors de se servir de son mobile pour communiquer avec son équipe. "Le système fonctionne dans tous les endroits où il existe une couverture satellite, c'est-à-dire à peu près partout dans le monde", souligne Matteo Berioli, coordinateur de l'initiative. Fait intéressant, les portables des volontaires sont également équipés de capteurs qui permettent aux équipes de supervision de les localiser.
Des capteurs pour localiser secouristes et victimes
Intérêt : pouvoir vérifier si les groupes se trouvent dans les zones les plus sinistrées afin de mieux répartir les urgentistes. Les systèmes de géolocalisation permettent aussi de mieux assister les victimes, en envoyant du secours à l'endroit exact où celui-ci est requis. Pour faire part de l'urgence d'une situation, les responsables du projet ont aussi développé un logiciel qui donne la possibilité aux secouristes sur place d'informer leurs collègues de l'état dans lequel se trouve une personne afin d'envoyer au plus vite un hélicoptère ou du matériel de secours. Quand ils repèrent un blessé, les volontaires peuvent ainsi entrer sur l'écran de leur mobile une couleur : noir si la personne est décédée, rouge si son état est critique, jaune si elle est blessée mais sans danger de mort. L'information est alors directement transmise au centre de commande. Pour aider les secouristes à s'adapter aux différentes situations, les chercheurs proposent deux versions de leur système.
Entre dix et soixante kilos
La première, qui exploite la technologie satellite Inmarsat BGAN, pèse une dizaine de kilos et peut être utilisée même par des personnes qui ne maîtrisent pas ces outils de communication. C'est-à-dire des secouristes volontaires ou même des victimes. Mais elle offre une couverture de 300 mètres seulement. L'autre, qui fonctionne avec la technologie DVB-RCS, est plus puissante (plusieurs kilomètres). Mais aussi plus lourde : soixante kilos. Elle vise à être embarquée dans les véhicules des urgentistes. Un test a été effectué fin mai dans les conditions du réel, afin d'éprouver son efficacité. Le réseau est actuellement prêt pour être commercialisé. "Ce type de systèmes est généralement déployé par les gouvernements, ou par les forces de sécurité", conclut Matteo Berioli. Mais on peut tout aussi bien imaginer d'étendre cette technologie à des commerciaux pour des entreprises qui souhaitent réaliser des opérations dans des lieux peu connectés.

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