Les sciences du comportement s'invitent sur le web

Par 04 février 2009 1 commentaire
Mots-clés : Smart city, Europe

La lisibilité des sites Internet est un enjeu pour les entreprises présentes sur la toile. Pour y arriver, la compréhension du comportement humain serait un plus. C'est en tout cas le positionnement de Marc Van Rymenant, PDG de Netway.

Comment peut-on croiser sciences du comportement et création de sites Internet ?
L’objectif de tout site commercial est d’avoir un retour sur investissement. Or, le seul facteur qui le permette est de se focaliser sur le consommateur et non sur le produit. L’ergonomie d’un site est importante, tout comme la sémantique [remise dans le contexte, Ndlr] et l’eye tracking [suivi des mouvements de l'œil pour lire les informations affichées sur l'écran, Ndlr], mais le véritable succès est dans la compréhension de l’esprit et de son fonctionnement. Le premier point est de se concentrer sur l’oeil. Celui-ci, se fixe naturellement sur la partie gauche de l’écran et occulte les 25% supérieurs. De nombreux travaux scientifiques, comme ceux de Getstal, étudient comment l’oeil fonctionne pour analyser les formes. Des méthodes que nous avons développées, comme leNeuro-Visual Landscape (NVL) se basent sur ces travaux. NVL aide le cerveau à construire une hiérarchie visuelle entre les différents composants d’un écran et facilite les points d’ancrage topographiques forts. Ainsi, l’utilisateur trouve rapidement ce dont il a besoin et prend possession de l’écran avec aisance. Comprendre ces phénomènes aide à guider le regard, à générer des comportements et donc à préparer des scénarios. Une fois que l'on a cela, il est possible de répondre au mieux aux besoins des entreprises.
Ces connaissances ne semblent pas souvent utilisées sur les sites...
L’utilisation de cette science sur Internet est encore à ses balbutiements. Par contre des mesures scientifiques montrent que ceux qui ont fait appel à cette technique voient leurs ventes en ligne multipliées. Il n’existe pas de société offrant ce service en France. On en compte quatre ou cinq en Europe et aucune aux État-Unis. L’utilisation de cette méthode permet de donner des priorités aux différents boutons du site et donc de réellement générer des comportements sur les personnes. Une des problématiques que rencontrent souvent les entreprises est qu’en se concentrant uniquement sur l’ergonomie, on fait des essais, on place les objets sans réellement comprendre le problème et les gains sont minimes. Il faut aller au fond des choses. En trois à cinq fixations oculaires, l’utilisateur doit avoir vu l’ensemble des données importantes du site.
Quel avenir voyez-vous pour votre entreprise ?
Nous sommes persuadés qu'il va y avoir une forte augmentation de la demande. Et pas seulement sur Internet : tous les médias sont concernés par les sciences du comportement. Le problème est le manque de spécialistes formés à ces disciplines. La demande dépasse déjà l’offre. Mais c'est un classique lors de tout changement d'ère : nous sommes aujourd'hui dans le user behavior après être passé par les années 70 où régnait l’informaticien spécialiste du back-office, en passant par les années 80 où ceux qui maîtrisaient les interfaces étaient les très demandés.

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1 Commentaire

La prise en compte des comportements des utilisateurs s'affirme en effet comme un en enjeu majeur, notamment pour le e-commerce. De même, l'application des sciences comportementales à la conception d'interface est indéniablement une discipline à fort potentiel de développement.

Une réserve toutefois : Pour être efficace, elle doit se positionner comme un apport et non une alternative à la créativité en matière de design et à la connaissance du marché.

Soumis par David Serrault (non vérifié) - le 05 février 2009 à 09h28

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