Pour se déplacer, le robot acquiert le sens du vide

Par 01 juillet 2010
Mots-clés : Smart city, Europe

Des chercheurs espagnols ont mis au point un système qui conçoit l'espace vide et les obstacles comme deux concepts bien distincts. Ce qui permet au véhicule autonome de repérer les espaces momentanément occupés.

Pour perfectionner le déplacement autonome des robots, il faut leur permettre d'appréhender l'espace dans lequel ils évoluent de façon plus conceptuelle, expliquent deux chercheurs de l'université polytechnique de Madrid et du Centre informatique européen. L'objectif de leur recherche consiste à transformer les "mesures" effectuées par les robots  en "perception". Le but étant de fournir des cartes plus précises de l'environnement dans lequel ils évoluent, et de mieux distinguer un obstacle inattendu. Leur approche est fondée sur la logique dite "floue" (fuzzy logic), c'est-à-dire souple. Au sens où elle permet au robot de s'adapter en permanence à l'environnement dans lequel il évolue. Mais cette fois, le système de mesure génère deux cartes distinctes, la première représentant exclusivement les obstacles, la seconde se cantonnant à figurer l'espace vide.
Augmenter la précision des cartes modélisées
"L'originalité de la méthode utilisée repose dans le fait qu'elle distingue les concepts 'occupés' et 'vide' comme deux éléments antonymiques", confirment les chercheurs. Quand les approches statistiques considèrent habituellement ces concepts comme complémentaires, et les modèles "flous" habituels les appréhendent de façon indépendante. L'approche antonymique permet selon les scientifiques d'obtenir des cartes modélisées plus fiables, et de limiter le risque d'inexactitudes. En effet, le robot parvient de cette façon à concevoir des concepts jusque là difficiles à prendre en compte, comme celui d'"espaces momentanément occupés" par exemple. "Plusieurs cartes floues (fuzzy maps) sont générées alors que le robot se déplace, qui représentent sa perception des obstacles, des espaces vides, en fonction des rebonds sonores qu'il reçoit", soulignent les chercheurs.
Prise en compte de l'ambivalence de certains espaces
Ces cartes sont ensuite assemblées pour modéliser en temps réel l'espace autour du robot autonome. Les scientifiques ont effectué des tests qui démontrent la précision du système par rapport aux approches précédentes, qui utilisaient déjà la "fuzzy logic". Et de fait : cette fois, le robot prend en compte le caractère ambivalent de certaines situations, et peut du coup évoluer de façon prudente dans un espace où il repère des obstacles inopinés. Pour rappel : les méthodes dites "floues" avaient déjà permis aux robots autonomes d'adopter une conduite plus souple. Le Jabalpur College avait ainsi mis au point un système qui recalculait en permanence la position d'un véhicule en prenant en considération les encombrements éventuels.  

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