Se rapprocher d'un social business n'a pas que la visibilité pour finalité

Par 31 janvier 2012
mains vers le ciel

Être partenaire d'une association œuvrant dans le social business peut avoir d'autres enjeux que la communication : certaines y cherchent une source d'innovation, d'autres un moyen de mieux diffuser leurs valeurs.

Entretien avec Samia Ghozlane, vice-président de l’association CyberElles, réseau professionnel féminin des technologies de l’information et de la communication. CyberElles organise le concours Power Starter qui récompense les femmes e-entrepreneuses issues des quartiers. 

L’Atelier : Selon vous, pourquoi les entreprises veulent être partenaires d’un concours tel que Power Starter ?

Samia Ghozlane : Les motivations sont diverses et la visibilité n’est pas forcément ce que cherchent les entreprises partenaires. Un tel rapprochement est un tremplin pour encourager le développement d’un réseau d’entraide solidaire ou du e-commerce féminin. Les entreprises peuvent également venir chercher l’innovation. C’est une façon pour elles de se positionner sur des sujets ou de promouvoir des projets en fonction de leur métier, de leur intérêt comme l’innovation ou la parité. Mais les entreprises peuvent aussi vouloir diffuser une offre le plus largement possible, et cette offre peut-être portée par les entrepreneurs. Par exemple, le partenariat avec Google a débuté car Google cherchait à s’adresser aux PME et TPE. BNP Paribas voulait s’engager sur la parité. Nous allons continuer à y réfléchir pour adapter notre offre de partenariat. 

Comment les compagnies peuvent-elles s’associer à une entreprise sociale telle que la vôtre ?

Aujourd’hui, il y a plusieurs possibilités comme la participation au jury ou la dotation. Les entreprises peuvent nous accompagner grâce à leurs services ou en nous finançant. Mais on ne peut pas se priver de l’opportunité d’écouter ce dont elles ont besoin car les attentes sont vraiment différentes. Parfois, une entreprise a besoin de témoignages en interne. Notre association n’y avait pas pensé mais nous acceptons car cela fait partie des missions de Cyberelles.  

Justement, l’interne tient-il une place importante dans cette relation de partenariat ?

Je me souviens qu’après le concours de 2011, j’allais chez Orange pour le débriefing et, sur tout un étage, étaient exposées des images du concours: l’événement avait suscité un grand intérêt en interne. Ce qui intéresse beaucoup l’entreprise. Bien sûr, cela permet, en aidant une jeune entreprise, de créer des besoins et des demandes futures qui seront facturables.

Mais surtout, cela permet de garder des compétences en interne dans un marché de l’emploi volatile, de créer de la valeur pour l’entreprise et ses salariés. C’est le cas avec le mécénat de compétences notamment. L’entreprise laisse le salarié aider une initiative pendant ses heures de travail. Cela permet de donner du sens à son travail, ce qui fait que le salarié aura tendance à rester. Les salariés sont des experts dans leur métier, ils veulent voir si on peut faire les choses différemment, se créer de nouveaux horizons, avoir des clients différents avec des demandes différentes, c’est une bouffée d’oxygène pour eux. Ca permet de garder le capital humain : les cadres attendent autre chose que des hauts salaires.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas