Second Life: un nouvel Etat est-il créé?

Par 23 octobre 2006 1 commentaire

Jouer à Dieu et élever, diriger, protéger et faire mourir des congénères? Voilà qui était déjà possible avec les Sim's. Mais jouer à soi-même, vivre une seconde vie? C'est ce que propose...

Jouer à Dieu et élever, diriger, protéger et faire mourir des congénères ? Voilà qui était déjà possible avec les Sim's. Mais jouer à soi-même, vivre une seconde vie ? C'est ce que propose Second Life, le jeu créé en 2003 par Linden Lab. Dans ce monde en trois dimensions, vous pouvez élaborer un personnage à votre image, recréer votre univers... et payer.
Second Life : vivez votre vie sur le Web. Mieux que les Sim's ?(cliquez pour agrandir)
Ils sont aujourd'hui plus d'un million à évoluer dans l'univers de Second Life, qui voit chaque mois sa population grossir de 20 %. De son avatar à son habitation, en passant par sa profession et sa personnalité, Second Life mise sur la créativité de l'internaute qui souhaite se ré-inventer.
 
Dans le jeu, tout est permis. Si l'on paye. Car les Linden dollars, la monnaie en vigueur sur le site, correspondent à de réels dollars. 335 Linden dollars représentent 1 dollar US. Qu'il faut débourser pour s'offrir un e-terrain, ou aller au restaurant avec sa voisine virtuelle. Chaque jour, 400 à 500 000 dollars sont déboursés dans l'achat de biens et de services divers !
 
L'argent ayant une réelle valeur dans Second Life, il était presque logique que des entrepreneurs s'y intéressent. Ainsi, selon Michel Leblanc, un blogger qui observe le phénomène, plus de 3000 sociétés existeraient déjà. Parmi elles, le constructeur automobile Toyota, qui a profité de cette nouvelle aire pour promouvoir son nouveau modèle Scion xB, ou encore CNET Networks, Sony BMG et... Reuters.
 
 
Adam Pasick a endossé l'identité d'Adam Reuterspour jouer les e-reporter.
Une activité pas si différente que celle qu'il pratiquedans la vraie vie, selon lui...
 
En effet, depuis peu, l'agence de presse a dépêché sur la plate-forme, un reporter un peu particulier. Adam Reuters, de son vrai nom Adam Pasick, arpente les allées virtuelles du jeu à la recherche de scoop et d'expériences à rapporter, "comme n'importe quel reporter", dit-il. Et selon lui, "les capacités de Reuters et son expérience acquise dans le domaine de l'actualité et des rapports financiers seront extrêmement précieuses pour des milliers de personnes amenées à prendre des décisions sur la manière de diriger virtuellement leur entreprise au sein de Second Life. Quelle que soit l'information, Reuters est là pour la fournir". Grâce à Adam Reuters et à un appareil virtuel qui ressemble à un mobile, les "résidents" de Second Life seront au courant des actualités du "vrai" monde comme de celui du jeu. Comme dans la vraie vie, finalement...
 
Enfin, U2 et Suzanne Vega ont présenté des concerts sur Second Life, et Harvard y propose des cours de droit. Et, début octobre, Sun Microsystems y a organisé une conférence de presse virtuelle.
 
Cette seconde vie, pour laquelle beaucoup sont prêts à débourser des sommes conséquentes, se devrait d'être bien fabuleuse. Et pourtant… En effet, si l'on regarde les activités et les existences menées par ces habitants de la Toile, mis à part la possibilité de partir en vacances sur des stations spatiales, celles-ci relèvent d'un ordinaire bien réel : bars, discothèques, casinos, correspondent aux loisirs pour lesquels ces doubles déboursent leurs Linden dollars.
 
Alors pourquoi revivre une vie presque identique à celle que l'on mène ? Peut-être parce que dans cette vie virtuelle, il est possible de tout contrôler, de tout maîtriser. Et si nous rêvions, non pas d'aller sur la Lune, mais simplement de pouvoir décider de tout ? Second Life, où chaque avatar ressemble généralement beaucoup à la réelle enveloppe charnelle de son propriétaire, révèlerait alors une grande frustration de la part de ses membres... et un moyen de revenus très lucratifs pour ceux qui ont compris les enjeux de cette vie parallèle !
 
David Cronenberg pourrait presque y trouver une suite pour Vidéodrome...
 
Mathilde Cristiani, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 23/10/2006)

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1 Commentaire

cool

Soumis par gros (non vérifié) - le 19 août 2008 à 13h34

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