Le secteur des médias et divertissements est en pleine évolution en Inde

Par 26 septembre 2013
Les journaux papiers s'y développent encore

La forte croissance du secteur des médias et des divertissements s’effectue en Inde dans un marché atypique, que ce soit par sa taille ou ses spécificités, aussi bien nationales que régionales.

Le secteur des médias et divertissements indiens est amené à atteindre une croissance annuelle de 12% d’ici 2014 d’après les prévisions d’Ernst&Young, soit un taux nettement supérieur à celui de la croissance nationale. Ce secteur, comptant parmi ceux dont le développement est le plus rapide, profite de l’émergence d’une classe moyenne et du changement de mode de consommation, qui voit se dessiner une plus forte propension à dépenser dans le divertissement. D’autres tendances participent à l’évolution de l’évolution du secteur : la digitalisation des contenus, la redéfinition des business modèles traditionnels, un accès relativement plus facile au capital ainsi que l’apport grandissant de contenus étrangers. D’après Farokh T. Balsara d’Ernst&Young, le secteur est un grand bénéficiaire de la démographie indienne, et «étant l’une des plus jeunes nations au monde, avec un grand nombre de contenus consommés, une production de contenus nationale élevée et un cadre légal favorable, l’Inde est une destination attractive pour les grandes entreprises internationales du secteur.»

Les efforts n’ont pas levé toutes les contraintes

Certes, des progrès ont été effectués dans la réglementation avec de nombreuses réformes. Ainsi le gouvernement a restreint certaines régulations concernant les entreprises étrangères en augmentant la limite des investissements directs dans la radio et la télévision par exemple. Néanmoins, la fraude, la corruption et la copie illégale restent autant d’entraves à la bonne implantation d’une entreprise. De plus, internet, qui pourrait être un facteur clé de la croissance du secteur, n’a officiellement que 7% d’utilisateurs, soit bien moins que les autres pays du BRIC, respectivement à 31, 41 et 34%.Et lorsqu’il s’agit d’internet à haut débit, il ne reste qu’1% de la population qui l’utilise. L’Inde apparait donc comme un marché très à part, c’est vrai aussi en ce qui concerne les journaux papiers, puisque c’est le seul pays où ils se portent aussi bien. En effet, 42% des dépenses publicitaires nationales sont dirigées vers ce média, qui connaît un fort développement avec l’augmentation du taux d’alphabétisation. Les journaux en anglais représentent désormais moins d’un tiers des ventes, contre 39% en 1999.

De fortes spécifités régionales

Une autre caractéristique du marché est sa diversité, en effet les régions représentent autant de marchés, avec des préférences différentes quant aux contenus et des cultures voire même des langues distinctes. Il s’agit donc de diffuser des contenus locaux spécifiques. En ce qui concerne la télévision, présente dans 57% de foyers, il existe par exemple plus de chaînes régionales que nationales. Il faut aussi observer l’apparition de marchés de niches. De nouvelles chaînes très spécifiques ont été créées, certaines consacrées aux sciences, d’autres au tourisme. Cette tendance existe aussi pour les journaux papiers ou des suppléments ayant pour sujet les marques de luxes ou la jeunesse ont vu le jour. La mondialisation se ressent dans la diversité des contenus. Dans le sport par exemple, les championnats étrangers sont plus regardés, même dans des sports peu répandus dans le pays. C’est le cas de la Premier League anglaise pour laquelle le public a augmenté de 18% en l’espace d’un an. Cela a incité les clubs de football à s’impliquer en Inde, en introduisant des magasins leur étant dédiés par exemple.

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