Les secteurs informatiques souffrent toujours d'un recrutement trop typé

Par 03 décembre 2013 1 commentaire
discrimination

Femmes et personnes âgées sont encore sous représentées dans les secteurs informatiques malgré des compétences équivalentes.

L'emploi dans le secteur informatique en Europe souffre encore d'un manque de diversité. Un manque de diversité qui peut s'avérer un handicap économique certain, comme le montrait récemment le rapport publié par la Commission Européenne sur la place des femmes dans les NTIC. Si le constat de l'écrasante supériorité masculine parmi les employés du secteur informatique est une des caractéristiques du secteur, l'Université de Louvain, en partenariat avec le CIGREF et l'AFMD, a cherché à analyser plus particulièrement les facteurs de discrimination au sein du secteur informatique. Les chercheurs ne se sont non plus seulement concentrés sur la séparation par genre mais aussi quant aux différentes minorités employées.

Des salariés jeunes...

L'enjeu de la diversité au sein des métiers de l'informatique s'il est équivalent en termes de productivité et de capacité d'innovation aux autres secteurs, en est particulièrement prégnant par l'importance des écarts. Ainsi, selon l'étude, si entre 2003 et 2005 un peu plus de 11% des travailleurs faisaient partie de la tranche 25-29 ans, dans le secteur informatique ce sont plus de 23% des employés qui y correspondent. La part principale des employés du secteur s'avère ainsi concentré de 25 à 39 ans, la tranche 30-39 comptabilisant plus de 40% des effectifs. En comparaison avec les autres secteurs, les métiers de l'informatique s'appuient deux fois plus sur une force de travail jeune, employant par exemple seulement 9% de travailleurs au dessus de 50 ans, contre 23,5% pour les autres secteurs. De même la diversité de genre est minime, avec un peu moins de 10% des effectifs étant des femmes. De plus ces effectifs sont plus fortement spécialisés que leurs homologues masculins, les femmes étant deux fois plus présente dans la gestion, l'administration et l'enseignement.

...mais dans un secteur relativement instable

Il faut cependant remettre en contexte ces chiffres. Si un manque clair de diversité est à déplorer, tant du point de vue de l'image des métiers que du manque de diversité de point de vue dans l'approche des enjeux, le secteur de l'informatique souffre d'une structure qui peut expliquer le relatif jeunisme. De fait, ce secteur est à la fois relativement jeune mais aussi et surtout extrêmement changeant, notamment dans la création et suppression de poste et ainsi difficilement assimilable à une structure d'avancement par l'âge classique. Cependant cette spécificité du recrutement des services informatiques pose notamment des problèmes légaux, de par les lois sur la diversité, notamment homme-femme au sein des entreprises européennes.  Au niveau de la productivité, le rapport pointe la perte occasionnée par cette politique informelle de recrutement. La mixité intergénérationnelle serait ainsi un levier de performance important, favorisant le transfert spontané des savoirs et compétences tout en permettant le croisement des compétences et expériences diverses acquises par les employés.

 

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1 Commentaire

Et personne n’a immaginé que si les femmes choississaient moins l’informatique, c’est parce qu’elle sont en moyenne moins intéressées ? La Norvège, pays très égalitaire, a très peu de femmes Ingénieur. Cela nous montre que lorsqu’elles ont le choix, un majorité de femmes choississent un autre métier. Si la réalité ne rejoint pas l’idéologie, faut-il tordre la réalité ou modifier l’idéologie ?
Quand à l’inégalité de la pyramide des ages, ne faut-il pas trouver son origine dans la dégration progressive du métier ? Je suis informaticien depuis 34 ans et il est hors de question pour moi de reprendre un travail salarié. J’ai vu se dégrader les conditions d'un management qui prennait des positions de plus en plus perverses pour protéger la direction des Entreprises.
Le problème vient de la nature totalement immatérielle de notre travail. Outre le fait que nous n’avons pas encore intégré les richesses immatérielles dans l’entreprise (hors par acquisition, mais c’est au détriment des salariés internes qui n’ont pas de valeur), rien n’est visible avant la fin du travail. Nous sommes donc condamnés à produire des indicateurs qui n’ont rien à voir avec l’objectif des projets.
La productivité mesurée (par exemple en ligne de code/jour) est la même pour un informaticien débutant ou un informaticien expérimenté. La différence est qu’un informaticien expérimenté produira jusqu’à 10 fois moins de code qu’un débutant pour faire la même chose, mais il faudrait leur faire faire la même chose pour qu’on s’en rende compte…

Soumis par Pascall (non vérifié) - le 03 décembre 2013 à 17h48

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