"La sécurité informatique doit devenir un atout commercial"

Par 20 octobre 2009
Mots-clés : Smart city

A nouveaux usages d'Internet, nouvelles menaces. Pour les combattre, éducation et technologies doivent aller main dans la main, explique Udo Helmbrecht, nouveau directeur exécutif de l'agence européenne de cyber-sécurité (*).

L’Atelier : avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux, la cyber-sécurité est devenue un enjeu important, tant du point vue social qu’économique. Quel est le rôle de l'Enisa dans ce contexte ?
Udo Helmbrecht : Internet est un canal où circule de l’argent, d'où la présence de criminels cherchant à y voler des données. Notre travail porte donc essentiellement sur ce sujet. En particulier, nous poussons les entreprises à installer des protections comme des pare-feu et des outils de cryptage des données. C'est très important dans la mesure où les secteurs high-tech doivent aussi faire face à de l’espionnage industriel. L’autre chantier sur lequel nous travaillons concerne la gestion de l’identité en ligne. Avec le développement de l’e-commerce, il est devenu très important de sécuriser l’identité personnelle sur Internet, que ce soit d’un point de vue administratif ou commercial.
Quels sont les axes sur lesquels il est possible d’agir ?
Il y en a deux. Le premier concerne l’éducation et la prise de conscience des dangers de l’Internet. L'un de nos projets phares concerne d’ailleurs l’établissement d’un guide pédagogique à l’échelle européenne. Le deuxième est plus technique et concerne la mise en place de guides pratiques. C’est le rôle des institutions gouvernementales de lister les meilleures pratiques dans un secteur donné et de les faire partager. L’éducation et le développement de technologies doivent aller main dans la main.
Comment encourager l’adoption de ces bonnes pratiques ?
Il faudrait réussir à faire de la sécurité informatique l’équivalent de ce qui s’est passé avec l’industrie automobile. Si une entreprise doit investir dans les nouvelles technologies, cela devrait avoir un impact positif sur ses affaires. Ça n’est pas juste un coût. Aujourd'hui, plus un seul constructeur n’envisagerait de construire de voiture sans y intégrer d’airbags.  C’est même devenu un argument commercial. Nous travaillons également à mettre en place des partenariats entre le secteur privé et le secteur public. Les industriels ont été invités à participer aux discussions qui animent l’Enisa.
Aurez-vous des projets concernant les ordiphones, dont l'usage est de plus en plus courant ?
L’industrie des téléphones mobiles connaît aujourd’hui un développement similaire à celui de l’informatique à ses débuts. Et les problématiques liées à la sécurité ne sont pas encore assez prises en compte. Il faut rappeler aux constructeurs d'y penser plus au moment de la conception de leurs appareils.
(*) Enisa, European Network and Information Security Agency

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