Il sera bientôt possible de se connecter au Web par le réseau électrique.

Par 28 mai 1998

Grâce à la nouvelle technologie mise en point par l'opérateur canadien Nortel et la compagnie britannique d'électricité United Utilities, les particuliers en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède ...

Grâce à la nouvelle technologie mise en point par l'opérateur canadien
Nortel et la compagnie britannique d'électricité United Utilities, les
particuliers en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède pourront bientôt
se connecter à Internet par le réseau électrique offrant des débits quinze
fois plus rapides que les lignes téléphoniques utilisées aujourd'hui.
Baptisée Digital Power Line (DPL), cette technologie qui permet de
transmettre des données numériques sur le réseau électrique à basse
tension, celui qui alimente les habitations, a été annoncée en octobre
dernier par Nortel et Norweb Communications, filiale d'United Utilities
(voir la revue de presse du 09/10/1997).
Plus d'une demi-douzaine de sociétés ont déjà testé ce système sur leurs
infrastructures : les compagnies RWE et ENWB en Allemagne, Vattenfall et
Skydkraft en Suède, Edon aux Pays-Bas, Singapore Power en Asie.
Le fournisseur d'électricité doit relier par fibre optique les
transformateurs électriques alimentant un groupe de foyers aux
commutateurs de télécommunications. Le réseau à basse tension est alors
utilisé par le signal numérique pour aller du transformateur au domicile
du particulier.
L'utilisateur doit, pour sa part, installer un boîtier spécial au niveau
du compteur électrique. Un convertisseur séparant le courant électrique et
le signal numérique, il suffit ensuite de tirer un câble informatique à
partir du boîtier et à y brancher un ou plusieurs ordinateurs. Le débit
minimal du transfert est de 1 mégabit/s, soit quinze fois le débit d'une
ligne Numéris. Cette ressource doit toutefois être partagée entre tous les
abonnés reliés au transformateur à basse tension (au Royaume-Uni, on
compte 150 à 250 foyers par transformateur).
Ce procédé leur ouvrant un marché au fort potentiel de croissance, on
comprend l'intérêt manifesté par les aux compagnies d'électricité. Ainsi,
les accords conclus en Europe couvrent déjà 40 millions de foyers, pour un
investissement relativement modéré.
Toutefois, pour que ce soit rentable, il faut qu'il y ait un nombre assez
important de foyers reliés au transformateur local. Si en Europe, chaque
transformateur dessert en moyenne 200 foyers, ce n'est pas le cas aux
Etats-Unis (un transformateur pour quelques dizaines de foyers). C'est
pourquoi Nortel ne commercialisera pas le procédé pour l'instant
Outre-Atlantique.
Si cette nouvelle technologie offre des débits bien supérieurs aux
actuelles liaisons Internet, elle risque toutefois d'être rapidement
dépassée. L'accès à Internet par le câble affiche déjà des performances
encore meilleures. De plus, la technologie ADSL que préparent les
opérateurs de télécoms offrira des débits proches de celui des lignes
informatiques spécialisées.
Alors qu'en octobre dernier, les promoteurs du procédé mettaient en avant
le faible coût pour l'utilisateur, ils se montrent désormais plus prudents
et se gardent de donner des éléments chiffrés tant sur le coût de
l'installation (boîtier DPL à acheter ou louer) que sur celui du service.
(Dossier deux pages - L'Expansion - 28/05 au 10/06/1998)

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