"Le serious game doit autant miser sur le message que sur l'aspect ludique"

Par 28 novembre 2011 Laisser un commentaire
Serious Games

Le jeu dit sérieux a tout intérêt à s'inspirer de certains des processus du social game, pour élargir sa cible et son influence.

Entretien avec Nordine Ghachi, account manager chez Tanukis, et rencontré à l'occasion de la Serious Game Expo, qui se tenait les 21 et 22 novembre à Lyon.

L'Atelier : En termes de communication externe, le serious game ne va-t-il pas pâtir de la popularisation du social game ?

Nordine Ghachi : Je ne pense pas que le serious game soit menacé, au contraire. Son avènement aura lieu quand les créatifs attacheront au moins autant d'importance au potentiel vidéo-ludique qu'au message dit "sérieux" à faire passer. Imaginons un Serious Game si bien conçu, si ludique et si addictif qu'il se mette à buzzer comme Uncharted 3 (Playstation) en ce moment par exemple. Il y a du pain sur la planche c'est sûr, mais en travaillant dans ce sens, je suis sûr qu'on verra bientôt apparaître des choses qui sembleront incroyables pour le grand public.

Est-ce qu'à l'inverse les valeurs du social game (dimension communautaire, viralité, partage, compétition...) peuvent profiter au jeu sérieux ?

Cela dépend. Dans certains cas, Facebook ne sera pas l'outil approprié, le "retour sur investissement" étant déjà défini. Si l'on connaît les personnes que nous voulons toucher, on optera alors plutôt pour un module interne : on se rapprocherait alors de l'esprit e-learning, mais en apportant un soin particulier au potentiel ludique du produit. Cela peut se faire en amont, en étudiant le public visé sur le terrain avant même de travailler sur le game design.  

Mais lorsqu'il s'agit de serious games visant à fédérer un maximum de personnes autour d'importantes problématiques, alors le jeu social prend tout son sens ! C'est ce que nous avons tenté de faire avec Chem-Next notamment, un jeu qui vise à sensibiliser le grand public à la chimie durable et à moderniser l'image du secteur. En adoptant les bonnes pratiques en terme de mécaniques virales des jeux les plus joués actuellement sur Facebook, nous espérons qu'il touchera un maximum de personne.

Au final, un bon serious game ne doit pas rogner sur sa dimension ludique et collaborative pour prendre de l'ampleur.

En effet. Le divertissement procure du plaisir, et si je prends plaisir à faire quelque chose, je le ferai souvent. En tous cas, tant que cette chose continuera à m'en donner.

Prenons pour exemple une des illustrations de la Fun Theory proposée par Volkswagen. Ils ont transformé un collecteur de verre en une sorte de jeu d'arcade, proche du flipper dans son apparence : au dessus de chaque orifice du collecteur, une petite lampe a été ajoutée. Un écran affiche deux nombres : le meilleur score et le score actuel. Le joueur lance sa partie, et doit envoyer du verre dans l'orifice correspondant. S'il est assez rapide, il marque des points : il peut alors tenter de battre le meilleur score. Maintenant imaginez ces collecteurs partout dans le monde, reliés à Internet, et proposant un dispositif de type QRCode permettant de se connecter via son mobile à une application (elle-même reliée à Facebook) et d'enregistrer son score pour le partager avec ses amis. N'êtes vous pas persuadé qu'on recyclerait énormément plus de verre ? En rendant les bons comportements vraiment ludiques, on peut changer pas mal de choses.

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