Le siècle des Lumières trouve son achèvement dans les technologies web

Par 28 janvier 2009 3 commentaires
Mots-clés : Smart city

Les concepts démocratiques du XVIIIe siècle n'ont en grande partie pas été réalisés du fait de technologies inexistantes. Les algorithmes de décisions et des techniques participatives pourraient rattraper cet inachèvement.

Internet, mise en avant de contenu, réseaux sociaux, évaluations : les technologies de l'information pourraient aider les nations actuelles à rejoindre les canons démocratiques dessinés à l'époque des Lumières. "L'infrastructure technologique qui soutient les nations modernes enlève ces restrictions physiques qui dictaient beaucoup des choix lors de l'architecturation des premiers gouvernements", affirment Marko A. Rodriguez et Jennifer H. Watkins, du laboratoire national américain de Los Alamos. Les systèmes de communication en temps réel résolvent ainsi le problème de taille d'échantillon lié aux théories du marquis de Condorcet. Celui-ci avait ainsi écrit un essai sur "l'application de l'analyse aux probabilités des décisions prises à la pluralité des voix". Dans le cas où un groupe de décisionnaires éclairés choisit entre deux options en suivant l'avis majoritaire, et si la taille du groupe tend vers l'infini, il devient une certitude que leur choix est le bon. 
Digg éclaire les votants
Problème : si la population votante est proche de l'infinie mais qu'elle n'est pas éclairée, le mauvais choix devient inévitable. D'où la nécessité d'informer la population. Et dans ce domaine, des outils de recommandation comme Digg ou des systèmes de recherche d'information y répondent en partie. Le binôme de Los Alamos a également repris les travaux du pamphlétaire révolutionnaire Thomas Paine et de ceux d'Adam Smith. Le premier avait réfléchi sur la représentativité des citoyens et sur la démocratie directe. L'ennui de cette dernière est que par manque de temps ou d'intérêt, tous les citoyens ne voteront pas sur tous les sujets, laissant la place à un groupe restreint non représentatif. L'utilisation d'un réseau social sur Internet devrait minimiser ces défections. Les citoyens créent des liens vers d'autres citoyens quand, avec qui et de la façon dont ils le souhaitent.
Evaluation des représentants
S'ils ne souhaitent pas voter, ils ont les moyens de donner dynamiquement un pouvoir à des représentants : en cas de problème, le lien peut être annulé. Les chercheurs proposent d'affiner le système en ajoutant des systèmes d'attribution de points - à l'instar des évaluations que l'on retrouve sur eBay - pour indiquer quel niveau de confiance il accorde à tel membre de son réseau qui peut potentiellement le représenter, en fonction du domaine. Le duo fait également une relecture des écrits du philosophe et économiste écossais sur la loi du marché, appliqués à l'agrégation d'information et à la prise de décision. Car rappellent les auteurs, la loi du marché encourage ceux qui croient savoir dans quel sens le marché va aller à communiquer cette information dans le prix auquel ils vont vendre leur produit. Le but dans le travail des chercheurs est donc d'utiliser cela pour aider les "éclairés" à participer au débat. La solution serait de récompenser les membres avec de la monnaie virtuelle, à quoi l'on pourrait ajouter une valorisation de la réputation de l'éclairé, des réductions, etc.

Haut de page

3 Commentaires

Les questions de la démocratie et de la représentation datent de bien avant le siècle des lumières.Si les miracles de la technologie appliqués à la finance ont aidé à nous mener à la catastrophe financière actuelle, on se demande bien quel genre de cataclysme nous préparent les technologies appliquées à la politique. Les problèmes politiques ne sont pas des problèmes de vote et de représentativité, sinon on les aurait résolu depuis longtemps, on n’aurait pas attendu le « web 2.0 ». Penser qu’on peut gérer des problèmes de choix de société par des clicks est justement le genre de danger qui peut mener à la catastrophe. Est-ce que le fameux « web 2.0 » dont tout le monde parle sans savoir ce que c’est au juste aide, même en théorie, à élever le niveau de connaissance, de discernement et d’analyse des individus ? La vérité ne se trouve pas derrière les clicks, les scores, ou les votes électroniques, ni dans les « réseaux sociaux ». Ce sont juste des outils.Il n'est pas question de prétendre que les idées démocratiques datent des Lumières. Certains grecques célèbres en parlaient bien avant.

Non, il s'agissait juste de prendre l'exemple de théories et de voir comment elles pouvaient se réaliser - totalement - avec l'aide d'outils modernes.

Cordialement,

La rédaction

Soumis par Amin Daoud (non vérifié) - le 29 janvier 2009 à 11h02

Vraiment intéressant merci, mais j'avoue ne pas avoir tout compris dans le résumé !Et encore n'a t-on gardé que le "compréhensible" :,)
La rédaction

Soumis par laurence (non vérifié) - le 02 février 2009 à 15h44

egyuihbi

Soumis par ngue william (non vérifié) - le 16 février 2009 à 19h43

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas