Siemens annonce une vaste opération de restructuration.

Par 05 novembre 1998

Confronté à la défiance de plus en plus importante des marchés financiers et à des articles de presse catastrophiques, Heinrich von Pierer, le patron de Siemens, vient d’annoncer qu’il allait se sép...

Confronté à la défiance de plus en plus importante des marchés financiers
et à des articles de presse catastrophiques, Heinrich von Pierer, le
patron de Siemens, vient d’annoncer qu’il allait se séparer d’activités
représentant 60 000 salariés et 17 milliards de marks de chiffre
d’affaires (près de 60 milliards de F).
Siemens va donc filialiser, puis se séparer de l’ensemble de son activité
composants qui représente 11 milliards de marks de chiffre d’affaires et
47 000 employés. La plus grosse partie, les semi-conducteurs, sera
progressivement introduite en Bourse “le but étant d’arriver à une
participation zéro”.
Malgré une perte de 1,2 milliard de marks pour un chiffre d’affaires de
6,7 milliards au cours du dernier exercice, cette activité qui a été la
plus profitable du groupe, doit attirer, selon lui, les investisseurs
“une firme comme Siemens ne peut se permettre d’avoir une activité aussi
cyclique, dont les prix ont baissé de 90 % depuis un an et ne peut
handicaper sa capacité d’investissement dans d’autres domaines au profit
d’une branche aussi gourmande en capitaux”.
Détenue au travers d’un joint-venture avec Matsushita, l’activité
composants passifs et tubes électroniques (290 millions de marks de
bénéfice pour un chiffre d’affaire de 2,6 milliards) fera l’objet de
discussions avec ce dernier “une introduction en Bourse est
envisageable”. Pour les composants électromécaniques (45 millions de
marks de résultat, 1,5 milliard de chiffre d’affaires), le groupe cherche
un partenaire adapté.

Dans le domaine information et communication, les câbles en cuivre, comme
l’activité guichets automatiques de banques seront vendus. L’ensemble
représente un chiffre d’affaires de 4 milliards de marks et 4 000
personnes.
En revanche, Siemens veut se renforcer dans les réseaux pour l’intégration
de la voix et des données aux Etats-Unis.

Heinrich von Pierer a souligné “le fait que nous nous séparions d’un
septième de notre chiffre d’affaires et de 60 000 postes ne signifie pas
60 000 suppressions d’emplois. Nous pensons au contraire que les salariés
concernés auront ainsi un avenir plus assuré”.

Siemens (416 000 employés) termine l’exercice clos le 30 septembre par un
chiffre d’affaires de 117,8 milliards de marks (près de 400 milliards de
F) en hausse de 10 % et un bénéfice après impôts de 0,92 milliard de
marks, contre 2,61 milliards l’an dernier.
Cette chute de la profitabilité s’explique selon les dirigeants par les
fortes pertes dans les semi-conducteurs, les techniques de transport et la
production d’énergie. S’ajoute à cela la division par quatre du résultat
de la branche télécommunications privées, liée au choix erroné de
fabriquer des téléphones portables coûteux et sophistiqués alors que le
marché demande le prix le moins cher.
(Les Echos La Tribune Le Figaro 05/11/1998)

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