Les signes de fatigue au volant s’anticipent aussi via les mouvements du véhicule

Par 23 juin 2015 1 commentaire
La somnolence au volant se détecte à travers les mouvements du véhicule

Une équipe de chercheurs de l’université de Clemson aurait élaboré une nouvelle manière d’évaluer la somnolence d’un conducteur en fonction de les mouvements et de la direction du véhicule.

La fatigue au volant est un fléau d’ores et déjà bien identifié comme facteur d’accidents. Par conséquent, les innovations fourmillent lorsqu’il s’agit de réduire son impact sur le nombre d’aléas car, en France, la fatigue au volant est en effet responsable d’un tiers des accidents de la route. Anticiper cet état de somnolence était déjà l’objectif de l’équipe de Jerôme Wertz, lauréat du MIT TR35 Belgique, qui avait développé une solution capable de quantifier l’état d’éveil d’un conducteur. C’est une autre initiative, américaine cette fois, qui s’attaque à ce fléau afin de réduire les 56,000 accidents causés par la fatigue qui se produisent chaque année aux États-Unis, avec un système chargé de détecter la somnolence selon l’orientation du véhicule.

Alors que la majorité des études précédentes s’attelaient à analyser des données physiologiques (mouvement des yeux, rythme cardiaque…), une équipe de chercheurs est allée à contre-courant de ces recherches en élaborant une manière moins intrusive et plus efficace de détecter la fatigue au volant, en analysant le comportement du véhicule, plutôt que celui du conducteur.

Au coeur des recherches : la phase de test sur 20 volontaires. Leur concentration était mesurée au travers d’un simulateur de conduite sur une durée de 26 heures d’affilée, sans possibilité de repos pour les candidats. Le simulateur de conduite permettait aux chercheurs de tester les conducteurs pendant une vingtaine de minutes sur un scénario de route d’une dizaine de kilomètres incluant plusieurs virages. Les compétences de conduite des conducteurs étaient mesurées en fonction de la position de la voiture selon la voie latérale, la direction de la voie sur laquelle le conducteur se trouve, et la direction de la voiture en elle-même.

Le directeur de l’étude Drew Morris, en plein test du simulateur de conduite

Les tests consistaient à mesurer d’une part, l’état de fatigue du conducteur en analysant son temps de réaction, son attention et ses mouvements oculaires et d’autre part, la position du véhicule et la manière dont il était dirigé. Au terme de ces expérimentations, il en est ressortit que l’examen de la position du véhicule sur la voie était plus performant lorsqu’il s’agissait de détecter l’inattention du conducteur. Lors du test effectué en condition nocturne, les cobayes étaient affectés et subissaient inévitablement une augmentation de leur temps de réaction et de réponse, ainsi qu’une baisse drastique de leur activité oculaire, des tests qui ne s’avéraient donc que peu concluants.

Le conducteur éprouve souvent une difficulté à jauger son état de fatigue ou d'inattention. Un tel système qui consiste à alerter le conducteur très tôt pourrait prévenir nombre d'accidents.

L’étude, dirigée par Drew Morris, étudiant en doctorat de psychologie, a par contre révèlé que l’analyse du mouvement du véhicule est bien plus facile et réalisable qu’une analyse des expressions faciales, notamment grâce à la technologie des GPS, désormais intégrée dans beaucoup de véhicules modernes. Une technique efficace lorsqu’il s’agit de détecter toute forme d’inattention puisqu’elle permet d’anticiper les autres signes de fatigue. Une nouvelle technique qui répond au problème principal que rencontrent bon nombre de conducteurs : la difficulté à jauger leur fatigue et leur niveau d’inattention avant d’être réellement confronté à une situation dangereuse. Une telle détection des mouvements, à un stade aussi anticipé, pourrait prévenir nombre de tragédies en alertant les conducteurs qui n’arrivent pas à estimer la proximité du danger.

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1 Commentaire

malgré tous les essais , bonnes idées , aucun systeme de detection de la somnolence au volant n'est efficace à 100%
alors certains ont pensé utiliser la fusion de capteurs en esperant qu'avec le recouvrement des detections nt parviendrait à 100%
encore une utopie
il est plus intelligent de mettre toute l'energie sur la conduite automatique qui observe l'exterieur que sur le conducteur avec toutes ses failles

Soumis par joseph (non vérifié) - le 27 juillet 2015 à 09h40

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