La Silicon Valley particulièrement touchée par l’offshoring : les chiffres à retenir

Par 23 avril 2004

Dans la Silicon Valley plus qu’ailleurs, le phénomène de l’offshoring est vécu avec une grande gravité. Selon une enquête récente réalisée par l’université de Berkeley, près de San Francisco,...

Dans la Silicon Valley plus qu’ailleurs, le phénomène de l’offshoring est vécu avec une grande gravité. Selon une enquête récente réalisée par l’université de Berkeley, près de San Francisco, un emploi sur six dans la Silicon Valley est menacé de délocalisation alors que la moyenne nationale américaine aux Etats-Unis n’est que d’un emploi du dix.
Dans une région habituée à un taux de chômage « négatif » pendant les années 90, les 200 000 emplois high tech perdus depuis l’an 2000 sont vécus d’autant plus mal que les grandes firmes de la région ont pris la tête du mouvement national de délocalisation. Ainsi, Oracle a doublé ses effectifs en Inde en moins de deux ans et emploie désormais 4 200 personnes à Bangalore, la Silicon Valley locale.
Hewlett-Packard affiche un effectif de 8 000 personnes dans ce pays en croissance rapide. PeopleSoft va embaucher 1 000 salariés d’ici la fin de l’année, triplant ainsi sa présence. L’éditeur de logiciels Autodesk a, de son côté, annoncé récemment la suppression de 650 emplois aux Etats-Unis, alors qu’une campagne d’embauche en Chine vient d’être lancée.
« Lorsque l’on peut trouver les mêmes compétences pour au minimum 20 % moins cher, il ne s’agit pas de mettre le drapeau américain dans sa poche mais d’un principe de bonne gestion », explique la présidente, Carol Bartz, une des rares femmes PDG de ce secteur économique aux Etats-Unis.
De plus, les délocalisations concernent maintenant des emplois hautement qualifiés qui faisaient jusqu’ici l’orgueil de l’économie américaine.
Ainsi, l’industrie high tech, qui a perdu plus d’un demi-million d’emplois pendant ses trois années de crise, constate aujourd’hui que les firmes américaines du secteur qui commencent à réembaucher ne le font …qu’à l’étranger. Certes, les chiffres précis manquent pour quantifier le nombre d’emplois perdus aux Etats-Unis par la faute directe d’une délocalisation.
Les économistes prédisent toutefois que dans les années à venir celle-ci deviendra une caractéristique majeure du marché américain de l’emploi. D’ores et déjà, Forrester Research anticipe que plus 3,3 millions d’emplois – uniquement dans les services – seront déplacés dans des zones où la main d’œuvre est moins chère d’ici dix ans.
Berkeley a identifié 37 professions différentes les plus exposées à la délocalisation. Voici, selon cette enquête, les critères qui la favorisent le plus :
- L’absence de nécessité de se trouver face à face avec un client
- Le produit créé est essentiellement à base d’information
- Le travail est effectué par téléphone ou par Internet
- Le coût de l’implantation d’une nouvelle structure est peu élevé
- Peu de connexions sociales nécessaires
- Grande différence de salaires entre le pays d’origine et celui de la délocalisation
Par Michel Ktitareff

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas