La similarité est une bonne raison de mise en relation

Par 29 juin 2010

Plus les membres d'un réseau social se ressemblent et partagent des goûts communs, plus ils sont enclins à entrer en contact. Cela même s'ils ne se connaissent qu'indirectement.

La création de relations sociales sur la Toile est fortement liée à deux facteurs : la proximité et l'homophilie. Cette dernière traduisant le fait que des personnes dont les opinions se ressemblent ont plus de chances de s'attacher les unes aux autres que celles ayant des opinions dissemblables. "Les utilisateurs établissent des liens les uns avec les autres en fonction de leur langue maternelle, mais aussi des goûts qu'ils partagent et des distances géographiques qui les séparent", note une équipe de chercheurs franco-italiens*. Et selon eux, un phénomène dit d'"imitation" amène les membres du réseau à se connecter avec des pairs appartenant à des groupes dont certaines connaissances font partie. Dans leur étude, ils se sont intéressés à la plate-forme sociale aNobii, où les internautes peuvent échanger des conseils, des fiches, ou des considérations à propos des livres qu'ils ont lus.
Une homogénéisation des profils
Résultat : cela leur a également permis d'observer une "relation causale réciproque" (reciprocal causal relationship). C'est-à-dire que les utilisateurs recherchent en priorité des amis partageant leurs goûts. Et qu'une fois entrés en relation, ils exercent les uns sur les autres une influence réelle, aboutissant la plupart du temps à une "homogénéisation des profils". Ainsi, les utilisateurs actifs, possédant une bibliothèque importante, vont entrer en relation avec d'autres utilisateurs actifs. Et les chances sont grandes pour que deux profils "amis" partagent des livres en commun, ou apprécient le même genre littéraire par exemple. Et à court et moyen terme, l'échange entre les membres entrés en contact renforce cette similitude.
Vérifier le phénomène au fil du temps
"Un système de monitoring permettrait de vérifier que ce phénomène se confirme au fil du temps", précisent les chercheurs. Pour information, sur aNobii, les internautes peuvent afficher les livres qu'ils ont lus, ceux qu'ils lisent actuellement, ou encore ceux qu'ils projettent de lire. Ils partagent ensuite ces informations avec leurs amis. A noter : l'université d'Arizona et les laboratoires d'Avaya indiquaient récemment dans la même veine que les internautes sociaux sont plus aptes à partager de l'information avec les personnes qui leur sont "semblables" qu'avec celles qui le sont moins.
* De l'université de Turin, du Centre de physique théorique de Marseille, et de l'institut pour l'échange scientifique, également basé à Turin.

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