Le smart grid a encore besoin d'affiner son écosystème

Par 21 juillet 2011
Mots-clés : Smart city, Europe
distribution

Vaste chantier technique dans le monde entier, les nouvelles générations de systèmes de distribution et de gestion de l'énergie électrique ouvrent aussi des perspectives de marchés.

Les réseaux intelligents doivent permettre aux consommateurs de mieux contrôler leur consommation : attribuer en temps réel la distribution à tel ou tel équipement, identifier les pics de consommation, avoir une vue précise des tarifs de différents opérateurs... Voilà ce que détaille un rapport du Centre Commun de Recherche, le laboratoire de recherche scientifique de la Commission européenne, publié le 15 juillet, et qui revient sur les enjeux des projets comme Lastbeg, RealiseGrid, PEGASE ou Web2Energy. Selon le rapport, si l'on veut qu'ils soient fructueux, le marché doit s’organiser. Un projet comme Web2Energy rassemble une dizaine d’acteurs européens de l’énergie solaire et éolienne.

Un centre de contrôle pour relier acteurs et consommateurs

Il s’agit d’une plate-forme permettant de coordonner leurs productions et la distribution aux consommateurs de manière à ce qu’il n’y ait aucune interruption – dans ce projet, la fourniture d’énergie étant dépendante d’éléments naturels, un acteur seul ne peut garantir une stabilité du service. Les producteurs sont tous connectés à un centre de contrôle auquel les consommateurs sont aussi reliés pour adresser leurs besoins en énergie. Mais le CCR évoque aussi le rôle possible d’acteurs intermédiaires, les "agrégateurs". Ceux-ci auraient pour mission de collecter la structure de la demande des consommateurs, particuliers et industries, pour remonter (dans le cadre d’un service payant) ces informations aux producteurs et distributeurs d’énergie.

56,5 milliards d’euros en Europe

L’agrégation est un bon moyen de gérer l’interaction entre fournisseurs et demandeurs d’énergie, qui sera facilitée par les TIC et Internet. Mais elle permet aussi à de nombreux petits producteurs d’électricité, parfois spécialisés (photovoltaïque, éolien) d’intégrer le marché. C’est la fin des grosses centrales et des gros opérateurs et le début d’une offre plus morcelée, parfois régionalisée. En outre, l’agrégation peut s’appliquer au stockage d’électricité : en cas de demande en baisse, l’énergie est stockée pour être réutilisée lorsque la demande repart, sans avoir à solliciter les producteurs. Pour information, entre 2010 et 2020, 56,5 milliards d’euros seront investis en Europe dans les réseaux électriques intelligents. Aux Etats-Unis, ce sont 338 à476 milliards de dollars dans les 20 ans qui viennent. La Chine, elle, a prévu d’y consacrer 101 milliards de dollars entre 2009 et 2020.

 

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas