Smartphone et éducation : une désillusion pour les non-initiés

Par 15 juillet 2015
smartphone et éducation

Si tablettes, smartphones et autres applications sont répandus dans le domaine de l'éducation, leur usage manquerait de pertinence concernant les néo-utilisateurs.

Nombre de projets laissent entendre que le mobile, et plus particulièrement le smartphone, est en passe de devenir un outil pertinent dans le domaine de l'éducation. Et cela est d'autant plus flagrant dans les pays émergents où son prix plus ou moins abordable permet un accès à internet, et donc à la connaissance, aux zones les plus éloignées. Pourtant, des chercheurs de la Rice University située au Texas viennent mettre à mal l'idée selon laquelle « n'importe qui » puisse bénéficier de l'usage de ce genre de technologies dans son éducation. Plus précisément, et cela touche directement les individus souhaitant avoir accès à une éducation dans les pays en voie de développement, l'étude proposée par les chercheurs laisse entendre que des utilisateurs pour la première fois en possession d'un smartphone voient leurs illusions s'envoler quant il s'agit de mesurer la productivité apportée par le produit.

Philip Kortum, co-auteur de l'étude "You Can Lead a Horse to Water But You Cannot Make Him Learn: Smartphone Use in Higher Education".

Ainsi, les chercheurs ont fourni un iPhone à 24 étudiants n'ayant jamais été en possession d'un smartphone sur la période de 2010 à 2011. Avant de les laisser les utiliser, plusieurs questions ont été posées quant à la vision que les étudiants pouvaient avoir de l'outil en tant que « booster » de productivité, les forçant à noter de 1 à 5 leur degré de certitude. Ces mêmes questions ont ensuite été reposées au bout d'un an aux utilisateurs pour recueillir leurs impressions. 

Les résultats sont intéressants : lorsque demandé s'ils pensaient que leur iPhone améliorerait leurs notes les étudiants étaient d'accord en moyenne à 3.71/5 en 2010 et la note tombait à 1.54 en 2011. Concernant la possibilité de distraction par rapport à leurs tâches scolaires, la moyenne s'élevait à 4.04 et retombait à 1.91 un an plus tard. Lorsqu'il s'agissait de savoir si l'iPhone les aiderait dans la préparation de leurs examens, ils étaient d'accord à hauteur de 3.88 en 2010 et finalement 1.68 en 2011 et dans leur travail à domicile, de 3.14 en moyenne, nous sommes passés à 1.49.

Chercheur pour la Rice University et co-auteur de l'étude, Philip Kortum explique que « d'autres études ont prouvé que des smartphones utilisés avec un objectif d'apprentissage précis permet d'améliorer l'expérience d'apprentissage de manière signicative. Notre étude démontre que le simple accès à un smartphone sans objectif défini s'avère en réalité nuire le processus d'apprentissage ».

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas