Le social business est aussi affaire de positionnement

Par 01 février 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
Main pièces et arbres

Les grandes entreprises s'investissent dans des initiatives de RSE non pas à de simples fins de mécénat. Mais parce qu'elles en tirent des bénéfices tels que la mobilisation interne ou le développement de leurs performances.

Entretien avec Olivier De Guerre, président de la société d'investissement solidaire PhiTrust.

L'Atelier : Quels types d'entreprises font appel à vos services pour investir dans ces initiatives sociales ?

Olivier De Guerre : Il y a d'abord les acteurs-entrepreneurs sociaux qui ne sont pas des entreprises comme des associations. Il y a aussi les spécialistes du social business formés par les universités et écoles et qui professionnalisent cet univers. Et, enfin, les grandes entreprises. Ces entreprises ont de plus en plus d'intérêt pour l'extra financier comme le développement durable. Sans recourir au mécénat ou à la fondation, elles comprennent qu'elles peuvent utiliser leurs ressources pour développer des projets sociaux liés à leur activité. Et elles engagent un dialogue avec les différents projets car les initiatives raisonnent comme des entreprises et que ces dernières se disent que, pour travailler avec des entreprises sociales, elles doivent s'associer avec des association locales. Elles le font car culturellement ou historiquement elles ont ce rôle social ou parce que l'Etat impose de le faire.

Quels sont les avantages pour l'entreprise ?

D'abord, la mobilisation et la motivation des parties prenantes. Danone a conduit une étude sur ses employés âgés de 27 à 35 ans qui, à 90%, déclarent rester d'abord pour le développement du social business. La façon de travailler d'une entreprise touche aussi les fournisseurs et les clients qui seront plus enclins à travailler avec elles ou à consommer vos produits parce que vos activités sont porteuses de sens. Ca touche aussi les actionnaires qui votent largement ces projets. Ensuite, ces initiatives permettent d'ouvrir de nouvelles perspectives. Cela lui permet de se positionner au bas de la pyramide auprès d'une large population pauvre qui n'accède pas à ses produits. Au Mexique, Cemex a lancé le programme de micro-finance Patrimonio Hoy qui vise à fournir du ciment et des briques pour construire des favelas en dur. Aujourd'hui, c'est une grande part de ses ventes. Cela lui permet d'avoir un rôle autre que celui de faire du profit aussi, que ce soit un réel engagement ou de la communication. Enfin, il faut savoir que les entreprises sociales sont rentables.

La notion de rentabilité est-elle bien acceptée lorsqu'il s'agit d'investissement solidaire ?

Historiquement, on dit souvent que le social business n'est pas rentable. Mais il faut bien comprendre que les entreprises sociales le sont. Elles ont des chiffres d'affaires positifs et parfois, sur notre territoire, créent beaucoup d'emplois. Néanmoins, je ne dirais pas que cette notion est acceptée ou qu'elle ne l'est pas. Le problème vient surtout du fait que peu de gens connaissent les performances du social business. Les organisations ou personnes qui savent cela acceptent bien sûr d'intégrer de la rentabilité dans l'investissement solidaire comme les entrepreneurs sociaux intègrent eux un fonctionnement d'entreprise avec des objectifs à atteindre et des résultats. Ca explique pourquoi c'est encore un micro-marché et pourquoi il est important d'en parler. Aujourd'hui, ce sont surtout les grosses entreprises qui investissent dans les organisations solidaires. A terme, ça viendra également pour les plus petites. Mais ça va mettre du temps.

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