Social Good Week : “L’époque où l’on envoyait un chèque est révolue.”

Par 13 décembre 2013
dons

Plate-formes, don embarqué ou encore “don-minute”, le secteur associatif ne manque pas d’inventivité pour encourager la solidarité et créer du lien physique et numérique.

Interview de Léa Thomassin, Directrice des campagnes chez HelloAsso, interrogée à l’occasion de la Social Good Week qui se déroule du 7 au 15 décembre partout en France.

L’Atelier : Peut-on parler d’une stratégie digitale en silo ou plutôt d’un modèle hybride?

Léa Thomassin :Il s’agit clairement d’un modèle hybride, complémentaire. Car bien que les actions en ligne ne remplaceront pas ce qui se fait dans la “vraie ” vie, les passerelles entre les communautés en ligne et les associations nécessitent de créer des temps forts, propices à la rencontre. On observe que les attentes du public et notamment des plus jeunes ont évolué. Ces derniers sont notamment tournés vers le microcrédit et le crowdfunding. Il faut donc que les associations prennent le virage du numérique pour rendre le don plus simple, instantané et pour que les associations captent l’attention de nouvelles communautés.

Quelle est la place du don à l’heure numérique ?

Cela passe par l’interactivité entre le contributeur et le porteur du projet. Il faut permettre au donneur d’accéder aux photos, vidéos d’un projet et d’ouvrir la voie aux commentaires et à la discussion.  L’époque où l’on envoyait un chèque à une sorte de “boite noire ” est révolue. Les réseaux sociaux ont rendu le don, jusque là intime, public devenant un acte qui peut se viraliser et permettre de capter un deuxième cercle d’individus par extension. Le fait de tenir au courant les contributeurs, d’autoriser l’interaction permet de créer des liens plus proches entre l’association et le donateur… et ca marche. Les dons sont en moyenne de 65 euros sur notre plateforme contre environ 35 euros pour les dons hors ligne.

Quelles actions sont directement visibles par le public ?

Nous encourageons les associations à présenter des équivalences par rapport au montant du don. Illustrer à quoi une somme sert concrètement encourage à donner et possiblement à donner plus. En parallèle des dons, nous avons également observé qu’une grande partie des budgets des associations provenait de la participation aux évènements. Nous avons donc également mis à disposition des outils facilitant l’adhésion aux associations et la billetterie pour les évènements. Enfin, la “solidarité embarquée” arrive. Il s’agit de placer des associations ou des appels aux dons à des carrefours d’audience. Ainsi, nous avons monté un partenariat avec les Pages Jaunes avec un bouton permettant le don.

Vous nous parliez en effet de l’importance de décloisonner les associations grâce à d’autres sites internet...

Je pense que les e-commerçants ont ici un rôle important : par exemple, un arrondi permettant le don instantané développé avec Microdon se retrouve aussi chez AlloResto. Le micro-don embarqué est une tendance amenée à se développer en permettant aux associations de sortir de l’ombre et aux entreprises de mieux valoriser leur engagement social, environnemental… Une dernière fonctionnalité : le “don minute”. Il consiste à proposer à un internaute de visionner la publicité d’un annonceur afin de générer quelques centimes pour une association. Environ un million de publicités sont ainsi visionnées chaque mois sur HelloAsso et ont générées depuis le lancement 150 000 euros !

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