"Le Social Graph rendra les réseaux sociaux omniprésents sur le web"

Par 17 novembre 2010
Mots-clés : Future of Retail, Europe
Réseau social

Plus que comme un site ou une application, les plates-formes sociales doivent être perçues comme des nœuds permettant en permanence de naviguer de façon transversale.

A l'occasion du DigiWorld Summit, qui se tient actuellement à Montpellier, L'Atelier a rencontré Henri Moissinac, responsable du département mobile pour Facebook.

L’Atelier : les réseaux sociaux sont désormais l'une des premières destinations des internautes, pour communiquer mais aussi pour partager. Comment vont-ils évoluer ?

Henri Moissinac : Les gens imaginent les réseaux sociaux comme des sites, mais il faut plutôt penser Open ou Social Graph. Les réseaux sont des fenêtres qui seront omniprésentes. La plate-forme Facebook va éclater. Le site et l'application mobile seront juste des fenêtres de vue.

Facebook a donc pour enjeu d'être partout sur le web.

Oui, à travers le graph. Le web que l'on peut appeler du passé est un Internet finalement non connecté. Et dont le paradigme était la table des matières, et la recherche. Les individus ne veulent désormais plus se rendre sur une interface pour chercher, mais naviguer sur le graph. C'est-à-dire partir d'une vidéo, partager, se rendre sur d'autres contenus en fonction de ce que leur réseau fait.

Sur mobile, vous avez évoqué pendant votre intervention l'intention de Facebook d'agréger  le maximum d'applications depuis votre interface. Avec pour finalité de devenir un magasin d'applications ?

Ce que nous voulons, c'est faire de la distribution pour les développeurs. Sans être un application store. 

Facebook - et plus largement les réseaux sociaux - deviennent donc le point d'entrée pour accéder au web, fixe et mobile ?

Non, car celui-ci est bien plus vaste. Facebook n'est pas étudié pour. Ce que nous voulons être, c'est un outil pour naviguer d'une expérience à l'autre. Il y a de nombreuses activités que les internautes n'ont pas envie de partager, comme le travail ou les jeux d'argent. En ce qui concerne les réseaux sociaux en général, c'est vrai que là les interfaces corporate peuvent prendre le relais. Un bon exemple est Yammer. Les réseaux sociaux deviennent comme l'électricité pour Internet, ils seront structurants.

Mais jusqu'à présent, l'électricité, ce ne sont pas les fournisseurs d'accès ? 

Ce que je veux dire, c'est que nous construisons le graph, sur lequel les fournisseurs de contenu se brancheront pour une meilleure distribution de leurs applications. Il faut se dire que construire le graph est aussi compliqué qu'une centrale. C'est ce que nous faisons.

En ce qui concerne le mobile, nous ne sommes pas plus une menace pour les opérateurs, au contraire. Car nous créons le besoin. La voix, c'est ce qui a fait le mobile dans l'entreprise. Puis le mail, le smartphone et donc la data. Les réseaux sociaux sont maintenant ce qui va faciliter le passage de la voix à la data pour le consommateur.

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