Solaire et éolien facilitent l'expansion des télécommunications mobiles

Par 27 décembre 2010
Mots-clés : Smart city, Moyen-Orient
panneaux solaires de la station

Alcatel-Lucent présentait récemment une antenne GSM dite hybride et installée au Qatar. Un exemple des initiatives qui se multiplient pour fournir un accès aux réseaux mobiles aux régions isolées ou difficiles d'accès.

"Plus d'un milliard de personnes n'ont encore pas accès aux télécommunications en raison de problèmes d'énergie", note Frédéric Wauquiez, responsable marketing du programme Energies alternatives chez Alcatel-Lucent. Cela parce que certaines régions ne disposent encore d'aucun accès à l'électricité, ou bénéficient d'un réseau peu fiable. Pour favoriser le développement des télécommunications dans ces zones non alimentées en électricité ou reculées et difficiles d'accès, le meilleur moyen est encore de recourir aux ressources dites alternatives. C'est en tout cas le pari fait par des opérateurs et des équipementiers comme Alcatel-Lucent. Ce dernier, qui a déjà déployé environ quatre cents stations de base fonctionnant en général au solaire et au fuel, présentait récemment au Qatar une station qui combine cette fois énergie solaire et éolienne, et un générateur électrique. Le système, installé dans le désert qatari à une heure de Doha, capte l'énergie générée par une éolienne située en haut de l'antenne, mais aussi par des panneaux solaires.

90 % des besoins énergétiques

Selon Alcatel-Lucent, ces deux sources répondent à 90 % des besoins en électricité de la station. Le reste étant fourni par le générateur, alimenté en fuel. En cas de surplus d'énergie, celle-ci est stockée dans les batteries. L'antenne GSM a été réalisée pour Vodafone Qatar, dont le but est de couvrir rapidement tout le pays - tout du moins en 2G. Mais aussi de diminuer les émissions de carbone provoquées par une alimentation au fuel. Une initiative qui devient importante pour les opérateurs à un moment où le secteur des télécommunications prend de plus en plus d'ampleur. Selon la GSM Association, qui a lancé le programme Green power for Mobile, l'alimentation du chiffre estimé de 118 000 stations via des énergies alternatives d'ici 2012 permettrait d'économiser 2,5 milliards de litres de diesel. D'autres équipementiers travaillent à des antennes relais alimentées via des énergies dites alternatives, parfois hybrides.

S'affranchir de l'énergie fossile

Certains sont d'ailleurs déjà affranchis d'énergie fossile. C'est le cas de VNL, qui propose des antennes alimentées au solaire et qui disposent d'une autonomie de trois à quatre jours. "Dans le cas de l'antenne installée dans le désert qatari, le but était de réduire les coûts provoqués par les panneaux solaires", se défend Frédéric Wauquiez. Le fuel étant très bon marché dans le pays. En effet, pour le moment, mettre au point une station de base hybride revient plus cher qu'une station traditionnelle. "Mais de tels systèmes sont rentables à terme, notamment parce qu'ils réduisent les coûts d'acheminement et permettent aux opérateurs de cibler de nouveaux marchés, en grande partie dans les pays émergents". Selon l'équipementier, il faut trois ans pour amortir les coûts par rapport à une antenne relais classique. Pour les chiffres, ce sont entre 6 et 8 000 stations de base qui fonctionnent déjà grâce à des énergies alternatives.

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