Le solaire ouvre la voie au "micro-télécom"

Par 16 novembre 2009

VNL développe des antennes relais qui fonctionnent sans réseau électrique à proximité : elles sont entièrement alimentées grâce à des panneaux solaires.

Un certain nombre de ces zones ne sont pas encore couvertes par des réseaux mobiles, notamment en raison d'absence d'électricité. La suédoise VNL a mis du coup au point des antennes relais GSM peu énergétivores et alimentées via un système de panneaux solaires. Ce qui rend le dispositif, baptisé WorldGSM, complètement indépendant de tout réseau électrique. L'intérêt ? C'est de donner accès aux ruraux à la téléphonie mobile, mais aussi à des services qui participeront au développement économique de la communauté : voix, SMS, email. Un système que l'entreprise baptise de "micro-télécom", dans la lignée de la microfinance. Chaque station consomme 100 watts. "Elle emmagasine suffisamment d'énergie pour tenir de trois à quatre jours en cas de mauvais temps".
Se relier aux réseaux existants
C'est en tout cas ce qu'a expliqué à L'Atelier Mats Nilson, responsable produits chez VNL à l'occasion du salon AfricaCom. Le système peut ainsi être relié facilement aux réseaux des opérateurs existants alentours, leur permettant d'étendre leur portée et d'atteindre de nouveaux consommateurs. Il fonctionne en cascade : c'est-à-dire que chaque antenne capte les ondes de celle qui la précède, et qui se trouve plus près de la station de l'opérateur. "Nous nous présentons non pas comme des concurrents des opérateurs mais comme des compléments", poursuit Mats Nilson. Leur coût de fabrication, d'installation et de fonctionnement est également peu élevé. Cela convient à un ARPU (revenu moyen par utilisateur) faible : environ 3 dollars par mois et par individu.
Des stations peu coûteuses et simples d'installations
L'autre avantage, c'est que ces stations sont très simples à installer. Il suffit de six heures pour les monter, ajoute le responsable produit. "Elles ne requièrent pas non plus de maintenance particulière". Reste la question des combinés : si les villages n'ont pas accès à l'électricité, difficile de les recharger. À ce sujet, Mats Nilson explique avoir un partenariat avec une entreprise finnoise qui fournit des cellulaires alimentés eux aussi par énergie solaire. VNL s'est d'abord intéressé à l'Inde pour lancer sa solution. Elle regarde désormais du côté du continent africain. Et plus particulièrement en Afrique de l'ouest. À noter : le système peut aussi être déployé dans des zones déjà couvertes mais très denses, comme le long d'une route.
Mathilde Cristiani, envoyée spécial à Cape Town en Afrique du Sud

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas