Spécial Asie : La Chine, une contrée technologique à suivre de près cette année...

Par 12 mars 2004

Tout ne se passe pas comme l'avaient prévu les grandes compagnies américaines de la high tech. Depuis l'an dernier, plusieurs sociétés du pays de l'oncle Sam se plaignent des exigences d'un pays...

Tout ne se passe pas comme l’avaient prévu les grandes compagnies américaines de la high tech. Depuis l’an dernier, plusieurs sociétés du pays de l’oncle Sam se plaignent des exigences d’un pays qu’ils ne peuvent négliger : la Chine, devenu le second marché mondial – derrière les Etats-Unis – pour les ordinateurs personnels. Le premier fabricant de puces électroniques Intel se trouve aujourd’hui confronté au gouvernement de Pékin, qui exige que tous les équipements informatiques sans fil vendus en Chine soient dotés d’une technologie de cryptage locale - qui n’est maîtrisée que par 24 entreprises dans le pays - à compter du 1er juin prochain. Pour les grands acteurs de l’informatique, répondre à cette exigence signifierait partager des informations protégées avec ces 24 sociétés chinoises, et surtout le développement conjoint de produits destinés au marché chinois uniquement, et de produits distribués dans le reste du monde. Pour l’heure, la situation est bloquée, et certains acteurs comme Intel sont en pourparlers avec le gouvernement chinois pour lui trouver une issue… Issue que la société Intel a tout intérêt à trouver, car la Chine est son deuxième plus gros débouché mondial. L’administration Bush a augmenté sa pression sur la Chine, la semaine dernière, arguant que cette imposition d’un standard de cryptage spécifique constituait une barrière commerciale illégale. Selon les spécialistes du marché chinois, cette exigence chinoise spécifique relève d’une tendance générale du pays à tenter de développer ses propres standards, comme elle le fait déjà sur les formats des téléphones portables et des lecteurs DVD des prochaines générations. Pour la défense de la Chine, l’on peut rappeler que certains pays, comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne par exemple, ont eux-mêmes auparavant désigné leurs standards comme étant ceux que le monde entier devrait adopter. Les exigences chinoises peuvent donc être lues comme une initiative du pays pour prendre sa revanche et devenir l’initiateur de nouvelles normes. Les moteurs de recherche chinois prêts à affronter Google Les moteurs de recherche chinois, quant à eux, ne sont pas décidés à s’en laisser compter par le n°1 Google. Pour concurrencer ce dernier, qui débarquera sur leur marché dans quelques semaines, les trois moteurs de recherche principaux du pays, Baidu.com, Zhongsou.com et 3721.com, filiale de Yahoo, améliorent leur technologie.3721.com travaille à la combinaison de ses technologies avec celles développées par Yahoo, qui l’a racheté en novembre dernier pour 120 millions de dollars ; 3721 compte aujourd’hui 150 millions de pages indexées. Baidu.com espère atteindre les 300 millions de pages indexées d’ici quelques mois… une performance qui pourrait aussi intéresser Yahoo de près, selon les analystes. Quant à Zhongsou.com, il en détient aujourd’hui 280 millions et bénéficie de partenariats avec trois portails importants en Chine : Sina.com, Sohu.com et NetEase.com. Google, qui devrait être introduit en bourse cette année, arrive donc sur un marché déjà concurrentiel, qui est estimé à 100 millions de dollars aujourd’hui et pourrait en peser 200 d’ici 2006. (Atelier groupe BNP Paribas –12/03/2004)

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