La sphère publique doit investir le web 2.0

Par 25 novembre 2009
Mots-clés : Smart city

Grâce à l'Internet social, les citoyens s'emparent peu à peu des domaines politique, socioculturel, organisationnel et légal. L'IPTS recommande aux Etats d'intégrer cette mouvance, sous peine de perdre en partie le contrôle.

Les citoyens s'emparent des blogs, podcasts, wikis, réseaux sociaux et tout ce qui constitue l’informatique sociale, note l’Institut de prospective technologique (IPTS)* dans un rapport. Et ce, pour participer dans quatre domaines de la sphère dite publique : le politique, le socioculturel, l’organisationnel et le domaine légal. On voit ainsi naître des plates-formes de conseil juridique, de contrôle environnemental, d’audit des biens publics ou même de planning urbain virtuel directement gérées par des citoyens. Autant de domaines qui étaient jusqu’ici sous le contrôle plus ou moins direct de l’Etat. Si les auteurs reconnaissent volontiers les bénéfices de ces communautés, ils mettent néanmoins les gouvernements en garde. Peu de services publics gouvernementaux ont été créés utilisant ces mêmes outils, soulignent-ils.
Faire appliquer le droit et l’éthique sur Internet
A défaut d’intégrer à leur tour ces mêmes outils, ils risquent de perdre le contrôle de certains services et de voir le droit et les règles éthiques en vigueur ne plus s’y appliquer. Par exemple, les débats menés en ligne ne sont pas tenus de respecter la pluralité des avis. De même, la fiabilité des informations publiées n’est jamais assurée, ce qui peut mener à de nombreuses dérives. En maintenant à son tour une présence en ligne qui en respecterait les codes (ouverture, informalité, décentralisation) l’Etat serait en mesure d’assurer un certain contrôle et standard. Autre dérive possible à laquelle une plus grande implication des services gouvernementaux pourrait remédier : la confidentialité des données.
Assurer la confidentialité des données
Pour participer aux nouveaux services en ligne, les citoyens sont en effet de plus en plus incités à partager leurs données personnelles, sans nécessairement réaliser les dangers que cela implique. Les auteurs jugent donc important d’adapter la législation pour éviter les abus. Dans le même temps, l’Etat doit mettre en place des gardes fous pour garantir tout abus de la part de ses fonctionnaires. Enfin, au fur et à mesure que l’utilisation des médias sociaux devient accessible au plus grand nombre, les auteurs de l'étude rappellent que l’Etat doit endosser le rôle déterminant d’éducateur pour sensibiliser le public qui ne l'est pas encore.

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