Les startups américaines investissent Cuba !

Par 29 mars 2016
Les startups américaines investissent Cuba !

Depuis l’amélioration des relations américano-cubaines, et plus encore depuis la visite du président Obama sur l’île des Caraïbes, les startups américaines viennent y chercher des opportunités économiques.

Suite au dégel politique entre les Etats-Unis et Cuba, sanctuarisé par la visite historique du président Obama à La Havane, les startups américaines se ruent vers le nouvel Eldorado que constitue l’île des Caraïbes. Stripe, la start-up de paiements en ligne, souhaite ainsi aider les jeunes pousses cubaines à s’enregistrer aux Etats-Unis, et à bénéficier du système bancaire américain pour financer leur activité. Dans cette optique, Stripe travaille avec le Merchise Startup Circle, un groupe de discussions de La Havane centré sur les startups, les nouvelles technologies et l’entrepreneuriat, afin de cibler les entreprises susceptibles d’avoir recourir à ce service. L’aventure cubaine de Stripe fait partie du programme Stripe Atlas, qui vise à faciliter l’accès des entrepreneurs étrangers au système financier américain. Moyennant 500$, les startups cubaines pourront s’enregistrer en tant qu’entreprises américaines, ouvrir un compte bancaire et bénéficier de quelques conseils en matière légale et fiscale. De quoi leur permettre de récolter des fonds pour accélérer leur croissance, et d’accéder à un marché nettement plus étendu que celui de la petite île des Caraïbes… mais aussi bien plus concurrentiel.

La fracture numérique cubaine

Le pari relevé par Stripe est audacieux : seulement 5% des foyers cubains ont aujourd’hui un accès internet à domicile. Jusqu’en 2008, l’achat d’un ordinateur personnel était interdit aux cubains, de sorte que l’île de 11 millions d’habitants comptait seulement un petit peu plus d’un million d’ordinateurs en 2014, la moitié disposant d’une connexion internet. La navigation est en outre encore largement limitée par les autorités. Néanmoins, le gouvernement souhaite que la moitié des foyers cubains disposent d’une connexion internet d’ici 2020, et que 60% de la population bénéficie d’une connexion mobile. En juillet 2015, un premier point d’accès wifi (payant) a été ouvert à La Havane, bientôt suivi d’une trentaine d’autres. Pour atteindre ses objectifs, le gouvernement cubain pourra compter sur Google, qui a annoncé travailler à généraliser l’internet haut-débit sur l’île. Le géant de la toile a pour l’heure conclu un partenariat avec le Museo Orgánico Romerillo, un musée de la Havane, pour étoffer l’expérience des visiteurs à l’aide de chromebooks (ordinateurs portables de Google) et cardboards (outil de réalité virtuelle), connectés à l’intranet de l’entreprise de télécommunications étatique ETECSA. Dans un article publié sur le blog de Google, Brett Perlmutter, cadre en charge de l’aventure cubaine, affirme que « Cette installation permettra aux individus n’ayant qu’un accès réduit à la toile de surfer sur l’internet et trouver des informations. Nous nous réjouissons particulièrement du fait que les enfants cubains puissent faire l’expérience de la réalité virtuelle et explorer des lieux touristiques, du Stonehenge au Port Hercule, au même titre que les enfants des autres pays. » Il ajoute que ce projet constitue une première étape vers la mise en place de nouveaux services numériques à Cuba.

La manne touristique

Le numérique n’est pas le seul cheval de bataille des startups américaines souhaitant investir à Cuba. L’hôtellerie, alors que le nombre de touristes a cru de 20% l’an dernier, est également une cible de choix. Airbnb dispose désormais d’une autorisation spéciale de l’administration Obama pour se déployer à Cuba. Depuis décembre 2014, la startup était autorisée à opérer sur l’île en vertu d’une dispense exceptionnelle, devenant la première entreprise américaine à opérer à Cuba depuis la mise en place de l’embargo, en 1962. Néanmoins, les services d’Airbnb n’étaient accessibles qu’aux visiteurs américains. L’autorisation est désormais actée, et les touristes du monde entier pourront avoir recours aux services de l’entreprise de San Francisco. Une nouvelle donne très lucrative pour Airbnb, dont Cuba est le marché à la plus forte croissance, avec 4 000 résidences ajoutées l’an passé. L’entreprise hôtelière Starwood Resorts a également signé un accord pour retaper et gérer deux hôtels à La Havane. Cette ouverture du marché hôtelier aux entreprises américaines est bien sûr une bonne nouvelle pour ces dernières, mais aussi potentiellement pour le gouvernement cubain, des d’infrastructures touristiques en plus grand nombre et de meilleure qualité lui permettant d’espérer un afflux de visiteurs. Le gouvernement devra toutefois s’assurer que le développement du tourisme ne transforme l’île en un nouveau Cancun ou autre enfer touristique.

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