Les startups peuvent-elles aider Detroit à sortir de la débâcle ?

Par 04 juillet 2013 1 commentaire
Gare de Detroit abandonnée

Tandis que la ville ne cesse de s’enfoncer dans le marasme, une très jeune scène de startups commence à pointer du nez Detroit. Peuvent-elles aider la ville à re-décoller?

Cela fait désormais plus de 70 ans que la ville de Detroit ne cesse de sombrer. Ancienne capitale mondiale de l’industrie automobile et 4è ville des Etats-Unis, Detroit fut pendant un temps une ville innovante. C’est là qu'Henri Ford fabrique, en 1896, sa toute première automobile, dans un atelier qu’il a loué - une histoire qui n’est pas sans rappeler Steve Jobs dans son garage. Durement frappée par le mouvement des Civil Rights après la guerre puis par la crise du pétrole dans les années 1970, la ville tombe dans une débâcle dont elle n’arrive pas à sortir. Avec la récente intervention de Tony Hsieh, fondateur de Zappos, pour re-dynamiser le centre de Las Vegas, certains s’interrogent: les startups peuvent-elles aider Detroit à redécoller? Bien évidemment, tout n’est pas si simple. Implanter quelques startups dans la ville ne suffira pas à relancer son économie et à re-gonfler sa population. Cela dit, la ville pourrait grandement bénéficier du talent des entrepreneurs qui peuplent la Silicon Valley et d’autres ville américaines, nous explique Jerry Paffendorf, co-fondateur et CEO de LOVELAND Technologies, une startup basée à Detroit, Michigan.

Cartographier le désastre immobilier

Paffendorf, entrepreneur New Yorkais et vétéran de la Silicon Valley, s’est installé à Detroit il y a quatre ans. “Il y a peu de villes qui ont autant besoin des talents des entrepreneurs, mais qui attirent aussi peu leur attention” nous confie-t-il. Paffendorf a été particulièrement frappé par les 79.000 propriétés inhabitées, source de crime, et patrimoine immobilier qui se détériorent à vie allure, à défaut d’entretien. Deuxième élément notable: une étude datant de Février 2013 montre que la moitié des propriétaires de Detroit ne paient pas leurs taxes. Résultat, le Wayne County a entammé des vagues de saisie des propriétés, dont certaines sont encore habitées, et mises aux enchères à l’insu des propriétaires. Pour tenter de répondre à la situation, LOVELAND Technologies a développé Why don’t we own this? Le site cartographie l’état de l’immobilier de Detroit, avec pour objectif d’apporter plus de transparence au processus de saisie, et de rendre plus lisible la situation immobilière de la ville. La carte interactive de WDWOT, qui s'appuie sur les données publiques du Wayne County, répertorie ainsi les propriétés immobilières de Detroit, et indique si elles sont abandonnées, menacées d’être saisies, etc. Les propriétaires peuvent ainsi accéder aux informations nécessaires pour postuler à un plan de redressement, et les acheteurs potentiels peuvent s’informer sur la situation financière de chaque maison.

Attirer des talents pour redresser la ville

“Nous sommes devenus la ressource immobilière principale de la ville” explique Paffendorf. Les compétences techniques, la créativité et de dynamisme des entrepreneurs peuvent ainsi s’avérer décisifs pour une ville aussi malenpoint que Detroit. “Le gouvernement local est entrain de s’écrouler” se désolé Paffendorf qui nous précise que “c’est un Emergency Manager qui a été désigné pour reprendre les commandes.” “Les inventaires et archives publiques ne sont pas à jour. La ville va avoir besoin d’un immense effort en matière d’informatique, il faudrait tout numériser” affirme-t-il. Mais la ville, qui manque de talents, d’éducation, et d’opportunités de financement, reste peu attirante pour les entrepreneurs. Pour Paffendorf, les besoins sont de deux ordres; financier et de communication. La ville a bien sûr besoin d’attirer des investissements, mais aussi d’envoyer un message convaincant aux entrepreneurs, en jouant notamment sur la thématique du “tout reste à faire.” Paffendorf reste pourtant confiant, et de conclure: “C’est une période révolutionnaire.”

 

Haut de page

1 Commentaire

construire des drones civiles pour surveiller la ville ...

Soumis par hub94 (non vérifié) - le 16 octobre 2013 à 15h10

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas