Quand les startups transforment nos assiettes

Par 29 juillet 2014 1 commentaire
bio-fabrication

Des substituts alimentaires, de la viande par impression 3D, des scanners d'ingrédients... De nombreuses sociétés veulent modifier en profondeur notre manière de se nourrir.

De Bill Gates à Sergey Brin, en passant par Peter Thiel, Biz Stone ou encore Evan Williams. Les grand noms de la high-tech américaine se bousculent pour investir dans des startups partant à l’assaut du secteur agro-alimentaire. Ces derniers mois, leur nombre n’a cessé de progresser. Elles attirent l’attention des médias, suscitent aussi le scepticisme, voire l’inquiétude.

Elles s’appellent Hampton Creek Foods, Beyond Meat, Modern Meadow ou encore New Frontier Foods. Elles produisent respectivement des oeufs à partir d'un substitut végétal, des blancs de poulet à partir de plantes, des steaks de boeuf par impression 3D, des chips avec des algues… Et elles ambitionnent de révolutionner un secteur aujourd’hui dominé par de grandes multinationales.

"Le monde de l'alimentation ne fonctionne plus. Il n'est pas durable, il est malsain et dangereux”, explique Josh Tetrick, le co-fondateur et patron d’Hampton Creek Food, qui entend substituer les oeufs par une préparation à base de pois et de sorgho. Ces personnalités, à l’origine de Microsoft, Google, PayPal et Twitter, l’ont bien compris. "Ils croient en l'innovation et ils n'ont pas d'idées préconçues, avance le jeune entrepreneur pour expliquer cet intérêt. Ils ne se contentent pas de petits changements. Ils veulent soutenir des entreprises qui aspirent à créer un nouveau modèle”.

Production de viande

Prenons par exemple, la production de viande. “C’est un processus aujourd'hui inefficace, assure l’investisseur Vinod Khosla, du fonds de capital-risque Koshla Ventures.  Il faut 15 kilogrammes de maïs et 3.000 litres d'eau pour un kilo de boeuf. Cela représente un taux extrêmement faible de conversion de protéines végétales en protéines animales. Nous pouvons rendre ce modèle au moins cinq fois plus efficace."

Bill Gates est ainsi catégorique: “il n'est pas possible de produire assez de viande pour neuf milliards d'êtres humains", écrivait-il l’an passé sur son blog. C’est pour cela que le milliardaire a investi dans Beyond Meat, qui fabrique, dans ses laboratoires, du boeuf haché et des blancs de poulets végétaux. “C’est bon, plein de protéines, sans graisses saturées et sans cholestérol”, résume Ethan Brown, le directeur général de la jeune entreprise.

Il ne s’agit cependant que d’une première étape. La start-up new-yorkaise Modern Meadows veut elle produire des steaks de boeuf, du poisson et de la volaille par impression 3D. Le projet n’est encore qu’au stade de recherche. Et il ne pourrait ne pas aboutir avant plusieurs années, mais il témoigne de cette volonté de rupture, portée par de nouveaux acteurs, face à un modèle traditionnel, qui a finalement très peu évolué.

Partant du même constat, Sergey Brin a financé l’an dernier le premier steak in-vitro, produit en trois mois à partir de cellules souches de bœuf. “Nous avons une vision immaculée des fermes, avec quelques vaches, quelques poulets, mais ce n'est pas comme cela que la viande est produite aujourd'hui. Quand je vois comment les vaches sont traitées, je ne suis clairement pas à l'aise avec ça”, se justifiait alors le co-fondateur de Google. Coût de l’expérience: 250.000 dollars.

Cette viande synthétique, développée par le scientifique néerlandais de l'université de Maastricht, Mark Post, a ensuite été utilisée pour concevoir un hamburger. Baptisé “Frankenburger”, ce dernier a été testé par deux experts en gastronomie, qui ont jugé le résultat plutôt mitigé.

Scanners alimentaires

Rob Rhinehart veut, lui, aller encore plus loin. Ce jeune Américain de 25 ans est formel: avec son substitut alimentaire Solyent, plus besoin de s’alimenter. Tous les besoins nutritionnels sont satisfaits avec un sachet consommé par jour dans un grand verre d’eau. Son produit contient 31 ingrédients, de la farine d’avoine, des protéines de riz, de l’huile de colza, des fibres et des minéraux.

Le jeune entrepreneur aurait lui-même testé son produit pendant plusieurs mois. Il assure même aujourd’hui avoir perdu du poids et constaté une amélioration de son état de santé. Autre avantage: un gain de temps. 5 minutes par jour sont nécessaires, et quasiment aucune vaisselle à faire. Le tout pour 70 dollars par semaine, soit moins de la moitié du budget moyen consacré par les Américains à leur alimentation.“J’attends avec impatience le jour où nous n’aurons plus à nous soucier de la faim ou de la malnutrition”, se réjouit-il.

Au-delà de la production alimentaire, d’autres startups jouent la carte de la sécurité alimentaire. C’est le cas, par exemple, de Foodsniffer ou de Peres, deux petits appareils qui permettraient d’analyser l’état de fraîcheur d’un morceau de viande. La société canadienne Tellspec promet, elle, d’identifier les ingrédients composant un plat et d’en indiquer le nombre de calories. Le verre Vessyl, dessiné par le Français Yves Béhar, fait la même chose avec les boissons. A leur manière, ces startups souhaitent aussi bouleverser la manière dont nous mangeons.

 

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1 Commentaire

je ne vois plus à quoi va servir notre corps , il suffirait de nourrir uniquement le cerveau qui n'aurait besoin que d'un bocal
comme ça on pourrait etre des milliards avec quelques robots pour travailler
vive le futur selon Rob Rhinehart
conclusion :la connerie n'attend pas le nombre des années

Soumis par joseph (non vérifié) - le 04 août 2014 à 09h12

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