La structure des communautés influe sur les changements de comportement

Par 06 septembre 2010

Pour diffuser sur la Toile un plan sanitaire visant à modifier en profondeur les habitudes, il faut prendre en compte la structure du réseau. Les plus denses étant les plus adaptés à ce type d'action.

La structure d'un réseau social joue un rôle déterminant dans l'implication de ses membres, et dans l'influence que certains d'entre eux ont sur d'autres, note Damon Centola, chercheur au MIT. Selon lui, les internautes sociaux sont plus enclins à changer leur comportement - en particulier dans le domaine de la santé - lorsqu'ils appartiennent à une plate-forme communautaire organisée en groupes restreints et soudés, que dans des réseaux plus "étirés". Si l'information circule moins dans les réseaux denses, où les liens d'amitié sont à la fois plus sincères et plus rares, la structure de ces plates-formes s'avère propice pour modifier en profondeur les habitudes des internautes. "Pendant près de trente-cinq ans, les conclusions des sciences sociales ont été les suivantes : plus un réseau est étiré, plus vite se diffuse l'information", souligne le responsable de l'étude.
Déterminer quels réseaux encouragent les plus l'implication
Avant d'expliquer que ce postulat doit être reconsidéré. Le scientifique a développé une communauté en ligne centrée sur les questions de santé, pour observer les comportements des internautes. Plus de 1500 participants ont ainsi été séparés en deux groupes, correspondant à deux types de réseaux, plus ou moins resserrés. L'objectif du scientifique étant de déterminer lequel de ces réseaux encouragerait le plus grand nombre d'inscriptions à des forums de santé. Résultat : plus de 54% des personnes inscrites sur la plate-forme ou les liens étaient plus forts, mais moins nombreux, ont participé à ce type de forum pour échanger des informations relatives aux comportements sanitaires. Contre 38% pour les membres du réseau plus "étiré".
Différents plans d'actions possibles
Sur une plate-forme communautaire donnée, plus la relation d'amitié est forte, plus l'internaute est susceptible de participer à ces forums (15% pour les membres possédant au moins un ami, 40% pour ceux possédant au moins trois amis). Ainsi, pour lancer un plan sanitaire, les autorités ont intérêt à privilégier les réseaux sociaux les plus larges, lorsqu'il s'agit simplement d'informer. Mais quand l'enjeu est de faire adopter de nouveaux comportements, il est préférable, selon le chercheur, de privilégier quelques sites communautaires rassemblés. Pour mémoire, l'université de Californie du sud expliquait déjà que la structure d'un réseau déterminait la portée d'une information.

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