Les structures d’incubateurs en Ile de France

Par 12 septembre 2002
Mots-clés : Smart city, Europe

Les incubateurs sont des structures d’appui à la création d’entreprises. Les créateurs y trouvent un bureau et toutes les facilités correspondantes. L’incubateur peut comprendre parfois ...

Les incubateurs sont des structures d’appui à la création d’entreprises. Les créateurs y trouvent un bureau et toutes les facilités correspondantes. L’incubateur peut comprendre parfois une plate-forme technique permettant aux porteurs de projets de développer et de valider leur produit. La structure d’incubation doit pouvoir fournir aux créateurs un certain nombre d’appuis : accompagnement, formation, tête de réseau de spécialistes, tête de réseau de financiers, parrainage. La direction régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) a identifié 44 structures d’incubation en Ile de France et est en contact avec 33 d’entre elles. La durée moyenne d’une période d’incubation est de 15 mois environ. Aujourd’hui, près de 500 projets sont accompagnés par ces structures qui ont vu passer près de 800 porteurs de projets depuis leur création. Le taux de remplissage des structures d’incubation est de plus de 85 %. Près de 95 % des projets incubés en Ile de France ont débouchés sur une création d’entreprise. 85 % de ces entreprises anciennement incubées vivent encore. Chacune de ces structures d’incubation a ses spécificités. Malgré leur diversité, cinq grandes catégories d’incubateurs franciliens, liées à leur mode de financement ou à la structure à laquelle ils sont adossés, ont été définies : incubateurs publics, incubateurs rattachés à un établissement d’enseignement supérieur ou de recherche, incubateurs de collectivités locales, incubateurs privés et incubateurs de grands groupes. Il y a cinq incubateurs publics en Ile de France. Ils sont de tailles différentes et ont des fonctionnements très divers. Ils sont tous généralistes, excepté Paris Biotech consacré à des projets liés à la santé humaine. Tous proposent des locaux d’hébergement tertiaire et industriel, excepté Science Pratique qui est un incubateur « sans murs ». Une subvention du ministère de la Recherche leur a été attribuée pour trois ans. Pour tenter de régénérer leur subvention, les incubateurs publics ont défini une règle de remboursement par les projets, en cas de réussite, des dépenses engagées pendant la période d’incubation. Plusieurs envisagent d’entrer au capital des entreprises créées sous forme de BSA. Les incubateurs rattachés à un établissement d’enseignement supérieur ou de recherche, au nombre de 12 en Ile de France, sont mis en place au sein ou ont un lien fort avec une école d’ingénieur, une école de commerce, une université ou un centre de recherche. Ils ne bénéficient pas de financement du ministère de la Recherche. Les services de base fournis par ces structures sont logistiques et gratuites. Toutes essaient d’apporter un accompagnement et du conseil aux porteurs de projets en utilisant des ressources internes. On compte 4 incubateurs de collectivités locales. Ces structures sont financées par les collectivités locales. Compétentes pour fournir des prestations logistiques, elles apportent difficilement une valeur ajoutée par rapport aux services d’une pépinière. Certains ont apporté une valeur ajoutée originale en nouant des partenariats avec des écoles d’ingénieurs, des laboratoires de recherche ou des grands groupes industriels. Les incubateurs privés à but commercial sont nés en nombre à partir de 1998. Lancées par des entrepreneurs indépendants, des financiers, voire des grandes entreprises, ces structures fonctionnaient alors à peu près toutes sur le même principe : un fond d’investissement privé permettant de capitaliser tout de suite la nouvelle société, une capacité d’hébergement importante et des services logistiques mutualisés, une équipe d’experts couvrant tous les domaines de la création et de la gestion d’entreprises, des connexions avec les réseaux de capital risque. Les incubateurs privés entraient au capital de la nouvelle société à hauteur de 10 à 50 % en échange d’un investissement en cash et de prestations complètes d’accompagnement. Avec l’explosion de la bulle Internet, les incubateurs privés, ont été confrontés, à partir de 2001, à la difficulté de lever des fonds supplémentaires pour attendre des sorties éventuelles. La plupart ont été obligés de diversifier leurs activités. Beaucoup ont crée des offres de services qu’ils ont filialisées et mises à disposition des stratégies d’essaimage des grands groupes ainsi que d’entreprises existantes souhaitant développer une nouvelle activité sur Internet. Tous ont dû se séparer de tout ou partie de leurs locaux d’hébergement. La population des incubateurs privés s’est réduite aujourd’hui par disparition (Nascendo, Venture Park, Atemlier de l’Innovation ...) ou rachat (Kangaroo Village par la Société Générale). On compte à ce jour 18 incubateurs privés en Ile de France. Confrontés pour la plupart à la difficulté de lever des fonds pour pouvoir investir dans de nouveaux projets, certains se contentent de suivre leurs premiers investissements en attendant un redressement de la conjoncture. On recense à ce jour 5 incubateurs dits « corporate » mis en place par des grands groupes pour valoriser des résultats issus de leurs unités de recherche et développement, et prendre une part active au développement de nouveaux produits ou services, en lien direct avec leur activité traditionnelle. Généralement, ces structures disposent de moyens importants, tant en interne qu’en externe pour apporter un accompagnement très complet aux porteurs de projets qu’ils accueillent. Elles se rémunérent en prenant une participation au capital des sociétés créées et se positionnent parfois en sortie comme investisseurs aux côtés de structures de capital risque via des dispositifs de financement ad hoc. Les incubateurs corporate sont généralement très spécialisés. Face à la diversité des incubateurs franciliens, la DRIRE a été à l’initiative, fin 2000, début 2001, de la constitution d’un réseau des incubateurs franciliens afin de permettre à ces derniers de se rencontrer, de se connaître, d’échanger des informations, de tirer parti de leurs complémentarités, de s’associer dans des actions collectives nécessitant une taille critique. Après 18 mois d’expérience et afin de donner à ce dispositif les moyens de mettre en place des actions concrètes, les incubateurs franciliens ont décidé de créer « l’Association Francilienne des Incubateurs d’Entreprise » (AFIE). Plusieurs actions collectives dont l’AFIE pourrait être le porteur, ont été évoquées parmi lesquelles : la création d’un extranet collaboratif, l’organisation de « petits-déjeuners » périodiques avec des investisseurs, la création d’un site Internet et la participation à des salons professionnels pour promouvoir l’activité d’incubation en Ile de France, l’organisation d’un voyage d’étude à l’étranger pour connaître les pratiques de l’incubation en dehors de nos frontières ... (Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas – 12/09/2002)

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