Les studios d'enregistrement achevés par le numérique

Par 21 août 2009 1 commentaire
Mots-clés : Smart city, Europe

Quand elle s'attaque à un marché, la numérisation ne se contente pas d'en impacter une petite fraction. Ainsi, dans le cas du secteur musical, c'est toute la chaîne qui est touchée. Y compris les lieux de captation.

Le déclin de l’industrie musicale du fait d’une dématérialisation croissante de ses supports est en train d’avoir des conséquences définitives pour les studios d’enregistrement au Royaume-Uni. C’est la conclusion alarmante d’une étude du professeur Andrew Leyshon de l’Université de Nottingham. L’apparition de plate-formes d’enregistrement numérique et de protocoles de programmation plus abordables et plus simples d’utilisation a permis une démocratisation des technologies. Et par là même a rendu accessible un processus qui ne l’était qu’en utilisant les infrastructures et les compétences des studios d’enregistrement. Conséquence : ceux qui ont fait les grandes heures de la musique britannique connaissent aujourd’hui une vague de fermetures et de licenciements.
Apports et régression de l’ère numérique
La technologie n’a pourtant pas toujours été l’ennemi des plate-formes d’enregistrement. Andrew Leyshon note qu’elle leur avait même été plutôt bénéfique dans le passé. À la fin des années 1970, l’introduction de logiciels dans le processus d’enregistrement avait forcé les studios à investir dans du matériel coûteux mais qui leur assurait un certain pouvoir. En revanche, l’arrivée au milieu des années 1990 de logiciels moins coûteux, moins encombrants et tout aussi performants a donné lieu à deux phénomènes. Le premier a fortement diminué les coûts d’entrée dans l’industrie et a démocratisé les enregistrements « maison », accentuant la compétition.
Le piratage a accéléré un déclin déjà ancien
Le deuxième a permis l’émergence de copies pirates qui ont impacté l’industrie musicale dans son ensemble. Le format mp3 conserve une qualité à peu près équivalente à l’original et ce quel que soit le nombre de fois où le fichier est copié. Le piratage est devenu si facile qu’il est entré dans les moeurs de penser que la musique est un bien gratuit. Les diverses plate-formes qui se sont construites sur le modèle de l'iTunes d’Apple ont bien permis de refaire circuler l’argent des droits d’auteur le long de la chaîne de création musicale, mais cela reste très marginal. Dans son étude, Andrew Leyshon note cependant que ce déclin est bien antérieur à ce phénomène. Alors que dans les années 1960 et 1970 les dépenses de loisirs des jeunes générations se concentraient massivement sur la musique, dès les années 1980 elles se sont en partie tournées vers des produits comme les jeux vidéo, les téléphones mobiles et les DVD. Le numérique n’en a donc été qu’un fulgurant accélérateur.

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1 Commentaire

bonjour, votre site est toujours agréable (lecture et contenu)et même si le temps me manque je suis une"mordue"Merci pour ces encouragements !
En espérant que vos serez longtemps contente de nous lire...
Cordialement,
La rédaction

Soumis par aubert (non vérifié) - le 24 août 2009 à 10h13

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