Des studios se spécialisent dans des contenus dédiés à la réalité virtuelle

Par 18 février 2015
réalité virtuelle

Avec l’émergence des casques de réalité virtuelle, des studios tentent de transformer l’expérience cinématographique en créant des contenus adaptés à une nouvelle forme de divertissement.

Deux milliards de dollars. C’est la somme qu’a déboursé la firme de Marc Zuckerberg Facebook pour s’offrir Oculus VR, entreprise qui développe le célèbre casque de réalité virtuelle, Oculus Rift. La première version du casque comportait des problèmes de résolution d’image, améliorée par la seconde version, permettant à l’utilisateur un accès à un contenu totalement immersif et en haute définition. Le rachat d’Oculus par Facebook affiche clairement l’ambition du réseau social de créer la plateforme virtuelle de demain, que ce soit par de nouvelles formes de communication (Oculus travaille sur un nouveau prototype de Massively Multiplayer Online, jeux vidéos faisant participer un très grand nombre de joueurs) ou par de nouveaux contenus adaptés à la réalité virtuelle. En particulier, nombreux sont les studios qui se lancent dans la production de films ou plus largement de contenus vidéos, exclusivement destinés à la réalité virtuelle pour offrir à l’utilisateur une nouvelle expérience. L’industrie du divertissement est colossale, et elle pourrait bien trouver de nouveaux débouchés grâce à la réalité virtuelle.

Facebook et Oculus s’emparent de la réalité virtuelle

" Nous voulons mettre 1 milliard de personnes dans la réalité virtuelle" déclarait Brendan Iribe, CEO d’Oculus Rift, lors de la célèbre conférence TechCrunch Disrupt de mai dernier. Cela laisse entrevoir la grande ambition des deux entreprises pour ce marché prêt à devenir gigantesque. De plus, Oculus a récemment ouvert un studio dédié à la production de films adaptés pour son casque. Baptisé Oculus Story Studio, celui-ci a pour but de développer des films où les utilisateurs des casques pourront explorer et interagir avec les contenus. Employant 10 personnes, le studio a d’ailleurs réalisé son premier court-métrage de 5 minutes il y a peu. Dirigé par un ancien producteur de films d’animation Pixar, le film nommé Lost a été présenté au Sundance Film Festival. L’ambition d’Oculus et de Facebook n’est pas encore claire quant à la production de films : se lancer en tant que studio de production sur le même modèle que le géant Amazon ou produire des contenus pour prouver à l’industrie cinématographique que les outils sont adaptables pour une production grand public.

La mission première d’Oculus Story Studio semble alors être "d’éduquer et d’inspirer la communauté" selon un des producteurs Edward Saatchi. Brendan Iribe complète en affirmant que la mission du studio est de "prouver qu’il est possible de créer du contenu et une vraie expérience cinématographique grâce à la réalité virtuelle". Oculus se concentre donc pour l’instant autour du storytelling pour informer les possibilités qu’offre le casque dans la production d’une nouvelle forme de contenus. De nouveaux acteurs explorent eux aussi la production de contenus dédiés à la réalité virtuelle

Une nouvelle génération de studios de production

Même si Oculus reste la référence dans le domaine du hardware pour la réalité virtuelle, de nouveaux studios de production dédiés fleurissent pour explorer les applications de la technologie. Une  des plus célèbres start-up qui tente de convertir Hollywood à la réalité virtuelle est Jaunt. Basée à Palo Alto, Jaunt compte en effet convaincre les studios traditionnels qu’il est possible de créer des contenus adaptables au cinéma, grâce à une caméra composée de 16 GoPro. Jaunt expérimente aujourd’hui différents types de contenus, comme le cinéma ou les concerts.

Le studio Felix & Paul Studios basé à Montréal se concentre lui aussi sur la production de contenu cinématographique. Le cofondateur Félix Lajeunesse précise : “nous voulons utiliser la réalité virtuelle pour améliorer l’expérience humaine”. Convaincu que la réalité virtuelle est “une nouvelle forme d’art”, les deux fondateurs Lajeunesse et Paul Raphaël ont eux aussi créé leur propre caméra 360 degrés, mais aussi leur propre système son et logiciel de post production. Wild, la première réalisation du studio, permettait à l’utilisateur d’interagir avec le film. En effet, en fonction de là où il regarde, un personnage apparaît ou non. La notion d’interactivité est en effet primordiale pour Felix & Paul car elle “augmente le sentiment de présence” affirme Lajeunesse. Les studios dédiés à la réalité virtuelle sont donc de plus en plus nombreux, et leurs explorations cinématographiques démontrent que les applications pour le cinéma sont réelles si ce dernier change les codes traditionnels.

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