En Suisse, les réseaux mobiles régulent les systèmes d'évacuation

Par 29 janvier 2010

Pour connaître l'intensité des précipitations, Eawag exploite l'impact de la pluie sur la transmission de données par les antennes. Cette quantification facilite la gestion des bassins de rétention en cas de pluie forte.

L'université de Tel Aviv passe déjà par les antennes des réseaux mobiles pour prévoir l'intensité des inondations aux Etats-Unis : elle exploite le fait que l'humidité impacte la qualité des signaux qu'elles émettent. L'institut suisse Eawag pousse plus loin le concept : selon elle, ces mêmes antennes, en permettant de quantifier localement les précipitations, faciliteront la régulation des systèmes d'évacuation en zones urbaines. En Suisse, les pluies provoquent souvent la saturation des réseaux d’assainissement. En débordant, les eaux usées se mélangent au milieu naturel avant d’être filtrées et peuvent être dangereuses pour le milieu aquatique. Pour éviter cela, le système mis au point analyse les gouttes de pluie qui se trouvent entre deux antennes relais. Ces dernières perturbent le faisceau hertzien, et par conséquent la transmission de données.
Profiter de l'existant
Pour connaître l'intensité d'une précipitation, il suffit alors de récupérer les données d'atténuation du signal entre deux antennes. Quand il détecte la présence de fortes pluies, le dispositif déclenche une alerte. Celle-ci permet au personnel qualifié de s'occuper en fonction des bassins de rétention. "Dans le contexte du changement climatique, cette démarche peut être décisive. Elle permet de mobiliser intelligemment les réserves existantes sans avoir à reconstruire le réseau d’égout", déclare Jörg Rieckermann, l'un des responsables du projet. Selon ces derniers, passer par les antennes relais permet une plus grande précision dans le relevé des précipitations. Le réseau de téléphonie mobile est dense, ce qui fait qu'il est possible d'obtenir des informations quasiment en continu.
Une plus grande exactitude que les pluviomètres
Contrairement aux réseaux de pluviomètres et aux radars météorologiques. Même si ces derniers sont installés en nombre, ils captent des données à des points uniques. Du coup, un orage peut passer inaperçu s'il s'est produit à une centaine de mètres du pluviomètre le plus proche. Pour valider l'efficacité de leur méthode, les chercheurs ont réalisé des tests sur une zone couvrant cent cinquante kilomètres carrés et dotée d'un réseau complexe d'évacuation des eaux. Ils ont analysé les données d'une vingtaine de réseaux hertziens et simultanément celles fournies par des pluviomètres et autres systèmes de mesure.

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