Sun s'attaque à l'amont et à l'aval

Par 28 mars 2008

Le constructeur informatique veut limiter les nuisances de ses matériels - serveurs et processeurs - aussi bien avant l'assemblage qu'après.

L'informatique se développe dans un contexte d’explosion de la demande. Mais les constructeurs sont en parallèle dans l’obligation de maîtriser ce développement sur fond de questions de pollution, de dérèglement climatique et de pénurie énergétique. Dans ce contexte Sun s’est donné quatre objectifs forts : réduire de moitié l'extraction de matières premières pour la construction de ses machines ; découpler la croissance économique de l'accroissement de la consommation de ressources naturelles ; augmenter l'efficacité de l'augmentation des ressources ; et réduire les besoins en énergie d'un facteur compris allant de 4 à 10. Pas simple quand on sait que pour fabriquer un ordinateur il faut 200 fois son poids en matière première, contre un facteur 2 seulement pour un réfrigérateur.
Un défi écologique
Le constructeur informatique a décidé face à ces enjeux de rapprocher économie et écologie, dans un néologisme "Eco-nologie". Ses initiatives passent ainsi en grande partie sur l’innovation En termes d’innovation, Sun réfléchit depuis 1999 à des processeurs puissants et respectueux de l’environnement, en pariant sur la réduction de la dissipation calorique. Après le projet Niagara, il propose désormais le processeur UltraSPARC® T2, avec ses huit coeurs, ses huit threads par coeur qui consomment 95 Watts soit moins de 2W par thread. L’intégralité de la gamme Sun suit désormais cette logique. Le constructeur propose aussi des solutions pour les salles informatiques comme la fameuse Blackbox, qui concentre dans un container (entièrement recyclable !) jusqu’à deux cents cinquante serveurs, avec 40% de réduction de la dissipation.
Des initiatives porteuses d'améliorations
Les résultats sont là. La consolidation en neuf mois de son centre de données basé en Californie a permis de diviser quasiment par deux le nombre de serveurs tout en multipliant par quatre la puissance de calcul, de diminuer la consommation énergétique d'à peu près deux tiers et de ramener de 18000m² à 7000m² l'espace au sol nécessaire. La virtualisation du poste de travail, une autre piste intéressante, est en place depuis de nombreuses années dans l'entreprise. Il s’agit de mettre sur le bureau de l’utilisateur un petit poste de travail qui ne consomme que 2 watts (plus quarante cinq pour l’écran) et 2 watts mutualisés au niveau du serveur. Il propose un MTBF (mean time between failures : temps moyen entre pannes) de vingt ans et les coûts d’administration sont très faibles (deux personnes pour sept mille cinq cents postes).

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