Supercalculateurs vs Grid, des ressources complémentaires

Par 14 novembre 2007
Mots-clés : Smart city

La multiplication des systèmes de grid rend moins automatique le recours aux services d'un supercalculateur par l'industrie et la recherche. Les deux systèmes correspondent cependant à des besoins très différents.

Mettre au point des techniques de simulation, ou définir un programme de recherche n’est pas tout, il faut pouvoir les appliquer. Et pour y parvenir, il est nécessaire de disposer de capacités de calcul importantes. Encore faut-il savoir quel système utiliser. Car si les superordinateurs - dont le Blue Gene/L d’IBM vient de remporter la palme du plus performant pour la cinquième année consécutive - proposent désormais des capacités de calcul de l’ordre de milliers de milliards d’opérations à la seconde, il existe un autre système permettant de décupler ces mêmes ressources : les grid, ou grilles informatiques. Ces infrastructures virtuelles fonctionnent via le partage des ressources de tous les objets reliés à la grille et intégrant un composant informatique, comme les PC.

Une mise en commun infinie des ressources informatiques

Le principal intérêt de ce système fondé sur la mise en commun virtuelle des ressources réside dans ses capacités, quasi infinies. Il suffit en effet d’ajouter de nouvelles entités pour multiplier les capacités de calcul de la grille. Ainsi le projet européen EGEE (Enabling Grids for E-sciencE), qui met à la disposition des chercheurs et des industriels des ressources informatiques ultra performantes, a choisi de connecter plus de 40 000 ordinateurs issus de quarante cinq pays différents pour analyser plus rapidement les éventuelles propriétés médicamenteuses de certaines molécules dans le cadre de la lutte contre la grippe aviaire. Comme le supercalculateur, le grid permet donc d’accélérer la vitesse de calcul ou de simulation d’une opération. C’est notamment le cas pour le projet « Grille Polaire » mené par plusieurs universités américaines et destiné à analyser en quasi temps réel l’évolution des glaces polaires.

Une plus grande visibilité pour le supercalculateur

Autre avantage : le prix. Contrairement aux supercalculateurs, le déploiement de grilles informatiques n’impose pas l’achat d’une machine coûteuse. L’avenir ne s’annonce cependant pas sombre pour ces machines ultra performantes. Car, annonce Philippe Bricard, directeur du Calcul Intensif chez IBM Europe, « un grid ne propose pas de réseau rapide entre les différents processeurs ». De plus, ajoute-t-il, les systèmes étant indépendants, ils sont rarement tous connectés simultanément. Ce qui rend impossible la réalisation de calculs en un temps limité et défini. Un facteur qui, s’il ne représente pas un frein pour la recherche, est plus gênant pour l’industrie. Compensant ce côté aléatoire, le supercalculateur permet plus de visibilité. Les deux systèmes semblent plutôt complémentaires, finalement. Surtout si l’on envisage des grid de supercalculateurs.
 

 
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