Les systèmes de radio-identification n'ont plus peur de la chaleur

Par 25 novembre 2009
Mots-clés : Smart city

Pour insérer dès le processus de fabrication des puces RFID à des pièces métalliques, le Fraunhofer propose une méthode de conception couche par couche. Celle-ci permet l'intégration même sous haute température.

Les systèmes d’identification par radiofréquence sont utilisés de manière croissante dans l’industrie, pour suivre et localiser les containers par exemple. L’institut Fraunhofer de Brème, spécialisé dans la production et les matériaux avancés lance un système qui intègre une puce RFID au sein d’une pièce métallique dès le processus de fabrication. Jusqu’ici cette opération était impossible, les puces ne résistant pas à des températures supérieures à 100°C. Alors que la fabrication des pièces métalliques implique l’utilisation de lasers faisant monter la température bien au-delà de 1000°C. Les chercheurs allemands ont donc mis au point une approche spécifique. "Nous avons utilisé une technique dite couche par couche", explique à L’Atelier Claus Aumund-Kopp, responsable du projet.
Prévoir son intégration dès la conception sur ordinateur
"La partie métallique est directement produite à partir du modèle 3D conçu en conception assistée par ordinateur". Durant ce dernier, un emplacement pour la puce est réservé. Ensuite, la production commence. Un laser vient fondre les différentes couches d’acier inoxydable en poudre pour les assembler. "Le laser arrête sa fusion à l’endroit prévu pour la puce", poursuit Claus Aumund-Kopp."Une fois celle-ci intégrée, le processus reprend pour terminer la pièce". L’avantage d’une telle méthode est qu’elle intègre parfaitement la puce à l’ensemble. "Il est impossible de la retirer sans la détruire", explique le chercheur allemand. L’identification de la pièce est donc certifiée.
Intégrer des capteurs pour construire des boîtes noires
"C’est extrêmement important dans des domaines sensibles comme l’aérospatiale ou l’aviation", explique-t-il encore. "On peut aussi imaginer d’y intégrer des capteurs". Il serait ainsi possible d’insérer une sorte de boîte noire directement dans la pièce métallique référençant les différences de températures endurées par la pièce. "On pourrait ainsi mieux identifier la source d’éventuels dégâts ou accidents", justifie Claus Aumund-Kopp. Le bémol de cette technique est son coût très important. Ce qui la réserve à la construction de pièces très spécifiques ou pour la production de petites séries. "Mais cette technique connaît une croissance importante et on pourrait voir son usage se diversifier", conclut le scientifique. Au delà du métal, c’est le cuivre ou encore l’aluminium qui pourraient en bénéficier dans un futur proche.

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