Les tags RFID s'intègrent aux matières organiques

Par 03 juillet 2008
Mots-clés : Smart city

Les systèmes de traçabilité sortent des puces siliconées. Labraster 2 imprime ainsi les circuits électroniques directement sur des supports aussi flexibles que le tissu, le papier et le caoutchouc.

Les matières organiques vont devenir des supports de circuits électroniques. Tel est l'objectif de nombreuses équipes de recherche. L'une d'entre elles, participant au projet européen CONTACT, a fait un pas en avant vers cette réalisation. Ce, en développant une encre particulière et une imprimante spéciale, capables d'établir des circuits électroniques sur des supports flexibles comme le papier, du tissu ou encore du plastique. Une technologie qui à terme pourrait servir à créer des tags RFID (étiquettes d'identification par radio fréquence) nouvelle génération. Le système, baptisé Labraster 2, a dû résoudre un obstacle technique de taille : les solvants habituellement présents dans le liquide cristal utilisé attaquaient les matières organiques.
Rendre compatible liquide cristal et matière organique
Il a donc fallu modifier la composition de ce liquide cristal afin d'assurer la compatibilité des encres, et circuits électroniques avec ces nouvelles matières support. Si la technique est innovante, "ce principe de circuits électroniques sur support organique n'est pas vraiment nouveau", nuance Jean-Noël Cabarrou, co-gérant de la société ATEIS (fournisseur de systèmes de traçabilité industrielle). "Mais il est vrai que pour l'instant peu de sociétés sont capables de l'implémenter". Et selon lui, c'est un système qui mérite d'être approfondi. En particulier pour assurer la traçabilité de certains produits : les biens alimentaires, ou encore des produits miniatures, difficiles à munir de puces RFID. Reste que l'encre spéciale utilisée pour ce type de marquage n'est pas encore réellement au point.
Vers des écrans flexibles
"Nous avions voulu nous en servir pour tracer la marchandise d'un de nos clients", nous raconte Jean-Noël Cabarrou. "Malheureusement, ces produits devaient être congelés à l'azote : un processus auquel la fameuse encre ne résistait pas. Nous avons dû revenir à nos traditionnelles  puces RFID miniatures". Mais le spécialiste de la traçabilité nourrit des espoirs pour ce système, qui selon lui sera certainement plus économique que ceux déjà existants. A noter : les chercheurs qui mènent le projet avancent que leurs travaux pourraient aussi permettre de développer de nouveaux modèles d'écrans flexibles. "Nous allons développer des opportunités pour les designers", s'enthousiasme Alan Mosley, membre de CONTACT. "Avec des composants électroniques sur plastique, toute forme est envisageable".

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