Le tarif des logiciels se fixe aux enchères

Par 25 mars 2008
Mots-clés : Smart city

Le site Softwarepricedright offre aux entreprises de définir et de négocier le prix des logiciels qu'elles désirent acquérir. Un modèle d'achat cependant controversé.

Lancer un ebay pour les logiciels. C'est en quelque sorte l'idée de DBI (Database-Brothers Inc.) qui propose un programme permettant à l'acheteur de décider du montant qu'il paiera pour un logiciel. Une manière pour le client de participer d'une façon proactive à la fixation des coûts et des conditions d'utilisation des logiciels, via un système d'enchères sur le site softwarepricedright. Celui-ci part de l'idée que le marché des logiciels devrait lui aussi suivre la loi de l'offre et de la demande. Ainsi, l'acheteur qui acquiert un logiciel au cours d'une période de demande faible - comme le début ou la fin d'un trimestre - pourrait bénéficier de prix réduits sur des licences invendues. Avec ce nouveau modèle de vente, entreprises et clients sont censés être gagnants, même en période de faible activité. " Ce système me laisse très dubitatif," commente le directeur général d'un revendeur de logiciel français, qui ne souhaite pas être cité. "Le marché du logiciel ressort de l'économie de l'intellectuel, ce n'est pas mesurable, ni stockable. La valeur du logiciel ne se résume pas au prix de sa licence."
Un service après vente lésé
Car c'est bien sur la négociation des prix que se fonde le modèle de DBI. Ainsi, les clients peuvent se connecter sur le site et faire une offre afin d'obtenir un logiciel. Ils ont la possibilité de choisir entre des licences perpétuelles ou d'autres soumises à conditions et de déterminer leurs modes de paiement. Le site propose par ailleurs une aide en ligne afin de cibler les meilleures offres. Un système qui se présente comme économique et rapide. Un point de vue que ne partage pas notre source. "'Cette démarche se veut constructive mais je ne vois pas de gagnant," explique-t-elle. "Pour assumer la baisse des prix, les éditeurs et revendeurs devront rogner sur d'autres domaines : en termes de services, supports ou développement de nouvelles version." Elle précise par ailleurs que les clients sont au contraire prêts à payer plus cher chez les revendeurs pour s'assurer un suivi fiable, une formation et une utilisation simplifiée.
Le prix n'est pas un critère de choix
Le critère de choix d'un logiciel n'est pas le prix, mais souvent son adéquation aux besoins de l'entreprise. "La valeur du logiciel réside dans la valeur ajoutée qu'elle apporte à la structure qui l'acquiert." précise le directeur général. Si ce modèle ne séduit pas notre contact, reste qu'il peut s'avérer efficace dans certains cas. Ainsi, il serait envisageable pour des logiciels destinés à la grande distribution, tels que Word ou Microsoft Office, qui sont aussi très simples d'utilisation. Reste que ce système d'enchères n'apparaît pas comme une évolution majeure pour le marché. Et de conclure :" pour moi, la véritable révolution dans le domaine du software est la dématérialisation des logiciels. On va tendre de plus en plus vers la conception de logiciels purement électroniques. C'est plutôt vers cette tendance que devraient se pencher les spécialistes."

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