Le taux de piratage se stabilise dans l'Union européenne

Par 16 mai 2007

Selon l'étude annuelle intitulée Global Software Piracy Study et menée par la Business Software Alliance (BSA) pour le compte du cabinet IDC, le taux de piratage de logiciels dans l'Union européenne s'est stabilisé à 36%...

Selon l'étude annuelle intitulée Global Software Piracy Study et menée par la Business Software Alliance (BSA) pour le compte du cabinet IDC, le taux de piratage de logiciels dans l'Union européenne s'est stabilisé à 36% , alors qu'il était encore de 37% en 2003. Chiffre intéressant quand on sait que l'Union européenne s'est élargie à 27 membres, dont des pays de l'Est et d'Europe centrale. Ainsi, la moyenne européenne se rapproche de la moyenne mondiale, estimée à 35% de logiciels piratés.
 
De plus, le préjudice dû aux logiciels illégalement installés sur les ordinateurs dans la zone Europe a diminué d'1 milliard de dollars, soit 750 millions d'euros. Mais le préjudice subi reste tout de même évalué à 11 milliards de dollars (8,25 milliards d'euros).
 
"Malgré les progrès constatés dans la région, il reste beaucoup à faire pour remédier à ce problème qui reste significatif et dont l'ampleur s'accroît", souligne Robert Holleyman, le président de la Business Software Alliance. "Pouvoirs publics, organisations professionnelles et entreprises doivent continuer à lutter résolument contre le piratage de logiciels pour réduire ses conséquences financières, qui pèsent sur l'économie et le secteur local des TIC".
 
L'Europe centrale et l'Amérique du Sud restent les régions mondiales les plus atteintes par le piratage de logiciels, avec des taux qui grimpent respectivement à 68% et 66%. Elle sont suivies par l'Asie-Pacifique (55%) et le Moyen-Orient, qui voit son taux progresser de 3 points, à 60%. En revanche, les Etats-Unis établissent une bonne moyenne, à 22%.
 
En France, le taux de piratage passe de 47 à 45%, soit une baisse de 2%. Toutefois, le taux français est de dix points supérieur à la moyenne de l'Union européenne. Et le préjudice dû à l'installation de logiciels piratés sur des PC en France est estimé à 515 millions de dollars, ce qui représente la moitié de la diminution totale enregistrée par l'UE.
 
En outre, l'adoption massive du haut débit dans les pays développés a permis de faire du Web le canal de distribution privilégié pour les logiciels illégaux.
 
En terme de législation, BSA estime que les récentes mesures prises par l'Union européenne ne favorisent pas la baisse du piratage. Ainsi, la directive d'avril 2007 adoptée par le Parlement européen et le Conseil, et relative aux mesures pénales visant à assurer le respect des droits de la propriété intellectuelle, pourrait poser problème. En effet, cette directive stipule que les utilisateurs privés qui distribuent par Internet des logiciels téléchargeables pourront ne pas faire l'objet de poursuites judicaires si ces pratiques ne génèrent aucun profit.
 
En effet, pour BSA, cette directive européenne pourrait engendrer de nombreux abus. "Cette nouvelle directive pourrait ainsi protéger des groupes de "diffusion" par Internet qui se placent au sommet de la piraterie digitale et numérique et qui pratiquent le piratage en ligne pour le goût du risque et par désir de notoriété plutôt que par profit économique. Hélas ! Leurs agissements ont quand même des conséquences financières importantes pour l'industrie du logiciel et facilitent aussi la diffusion des virus et autres formes de code nuisible", s'inquiète Francisco Mingorance, directeur des Affaires Publiques de BSA Europe.
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 16/05/2007)

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