TCDisrupt 2015 - L’internet des drones débarque dans le ciel français

Par 10 décembre 2015 1 commentaire
UAVIA

Alors que les drones se popularisent de plus en plus, la problématique des pilotes obligatoirement présents sur place vient d’être résolue par UAVIA, une start-up spécialiste de l’internet des drones.

Pour la première fois, il va être possible pour les entreprises ayant décidé d’inspecter leurs installations par drones de le faire à distance grâce à un contrôle se faisant par l’intermédiaire du Cloud. Le rechargement des drones pourra aussi se faire directement sur place avec des plateformes dédiées installées sur les sites. Le fait de pouvoir se dispenser d’une intervention humaine sur place permet aux entreprises de réduire considérablement leur coût.

Nous avons pu rencontrer les fondateurs d’UAVIA au salon TechCrunch Disrupt Festival qui se tenait au Copper Box Arena à Londres les 7 et 8 décembre 2015. L’entreprise lancée en mai 2015 souhaite se spécialiser dans la surveillance pétrolière, minière, routière ou encore portuaire.

L’Atelier: Pouvez-vous nous dire en quoi UAVIA se distingue des autres acteurs du marché des drones?

Clément Christomanos et Luc Clément, deux des co-fondateurs: On change la manière dont les drones sont utilisés dans l’industrie. Les industriels sont friands actuellement des technologies des drones pour réaliser des inspections techniques, de la surveillance ou encore du monitoring d’infrastructures. Sauf que pour le moment, il faut des pilotes qui se déplacent sur le terrain et qui soient au pied de l’installation pendant les manoeuvres. Nous, nous changeons cette façon de faire en installant des stations de recharge directement sur les sites à inspecter et nos drones sont pilotés totalement à distance avec les réseaux mobiles et internet grâce à une interface web. On peut depuis n’importe quel bureau dans le monde, avec une connexion internet, faire une inspection sur un site, à distance.

D’un point de vue juridique, n’est-il pas nécessaire que le pilote soit sur place?

Tout dépend du pays. En France, le cadre réglementaire fait que le drone n’a pas besoin d’être à portée visuelle pour pouvoir le piloter. Selon les pays, les réglementations ne sont pas les mêmes. Parfois, cela est interdit ou bien, seulement sur dérogation. D’ici à fin 2016, l’Europe devrait arriver à une législation commune mais pour le moment il n’y a pas encore d’uniformisation. Nous choisissons donc bien les pays dans lesquels nous internationaliser. Pour le moment, nous sommes en France et nous voulons attaquer le marché africain comme première étape d’internationalisation. Le cadre réglementaire est plus souple dans cette région pour les drones. En plus, il y a un marché énorme, non pas d’entreprises africaines, forcément, mais plutôt de compagnies pétrolières ou minières qui souhaitent surveiller leurs sites sur place et disposent d’un budget pour cela.

Qui sont les concurrents d’UAVIA?

La concurrence n’est pas si forte. Quand on regarde le marché du drone, 80% des entreprises sont unipersonnelles. Les entreprises comme Airware proposant des applications très techniques sont assez rares. Nous changeons vraiment de modèle, ce qui fait que nos concurrents sont surtout indirects, par exemple, aux Etats-Unis dans l’agriculture ou la construction. Nos concurrents proposent des solutions qui dépendent de recherche de data par internet. Pour autant, ils doivent toujours être au pied du drone. Nous sommes les seuls à proposer le pilotage des drones à distance. Un brevet est en cours de validation pour protéger tout l’écosystème que nous avons développé.”

Qui sont vos pilotes? Où se trouvent-ils ?

Nos pilotes sont nos clients. Nous avons développé une application très intuitive qui enseigne à quiconque comment piloter un drone, en une dizaine de minutes. Elle fonctionne sur un système de boutons “décollage/atterrissage” et la possibilité pour l’utilisateur de sélectionner la zone qui l’intéresse, sans avoir à piloter manuellement l’appareil. Et ce, sans empêcher une réactivité en quasi temps réel de nos drones pendant le pilotage. Plusieurs personnes peuvent aussi se connecter sur le même drone, à partir de l’application. Un pilote peut, par exemple, gérer l’appareil à distance. Les experts déployés sur d’autres sites sont en mesure d’analyser les données même depuis d’autres sites. Il est possible de contrôler uniquement la caméra sans contrôler le drone. En fonction de la technicité des données que souhaite le client, nous pouvons réaliser certaines analyses nous-mêmes, ou si les usages sont trop spécifiques, fournir directement les données brutes au client.

Ce système, qui fait tout transiter par le Cloud, n’est-il pas dangereux?

C’est en effet une question majeure, mais toutes nos données sont protégées par un système de cryptage, ce qui assure leur protection. Même si elles venaient à être interceptées, elles ne pourraient, de toute façon, pas être interprétées par un pirate.

La start-up UAVIA vient de remporter le deuxième prix du Idea Challenge organisé par EIT Digital début décembre 2015 et voit donc un ciel dégagé s’ouvrir devant elle et l’internet des drones.

 

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1 Commentaire

Bonjour,
Quel est la différence avec ce que propose Skycatch ?

Soumis par BenoitC (non vérifié) - le 11 décembre 2015 à 12h48

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