Les techniques de veille économique facilitent la conception de projets TIC

Par 03 février 2010
Mots-clés : Smart city

Pour faciliter la prise en compte de l'utilisateur final dans la réalisation de projets high-tech, le Loria propose une méthodologie qui combine veille passive et active. Celle-ci s'adresse prioritairement aux PME.

Les petites entreprises sont les grandes oubliées des méthodologies d’aide à la conception des TIC", explique à L’Atelier Pierre Humbert, chercheur au sein du laboratoire Loria*. Un constat particulièrement vrai pour ce qui concerne l’implication de l’utilisateur final dans le processus de développement. C’est pourquoi le chercheur travaille sur une méthodologie simplifiée qui permettra aux PME de prendre en compte des aspects jusqu’ici négligés. Pour y parvenir, il propose d’appliquer les techniques de veille économique à la conception des projets. Une veille qu’il imagine en deux temps. D’une part une passive prenant en compte les retours des utilisateurs, des testeurs et des experts associés au projet. L’objectif étant d’identifier les signaux venant du terrain.
Une veille en deux temps
Il faut également une partie de veille active où on va aller directement interroger les utilisateurs finaux sur les représentations qu’ils ont du dispositif". Ici, le but n’est pas seulement d’identifier les besoins mais aussi la manière dont l’arrivée du dispositif est perçue. Il faut faire ressortir les craintes et les inquiétudes, identifier les tensions possibles entre les différents corps de métiers qui seront amenés à l’utiliser. Pour le chercheur, cette étape doit s’accompagner d’un travail introspectif. "Les concepteurs doivent s’interroger sur les mêmes axes et avoir une démarche réflexive sur leur environnement", explique Pierre Humbert. S’il y a un décalage, il convient alors d’étudier les désaccords et de faire des propositions pour y remédier.
Identifier les décalages et effectuer les changements nécessaires­
Il peut s’agir de changements mineurs", affirme-t-il. "Par exemple adapter le vocabulaire utilisé dans un logiciel pour ne pas stigmatiser une partie des employés par rapport à une autre". Parfois il suffit également d’adapter la communication autour du projet. L’avantage de cette méthode est qu’elle peut être utilisée en cours de route. "A certains stades du projet, il faut marquer un temps d’arrêt et revenir sur ces points", explique-t-il. Le chercheur travaille actuellement sur un protocole d’explicitation de cette méthodologie. Et de conclure : "Il faut mettre en place quelque chose d’assez simple pour les PME, sinon ça ne sera jamais utilisé".
* Laboratoire Lorrain de Recherche en Informatique et ses Applications

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