Les technologies bouleversent l'architecture du crime organisé

Par 11 mars 2009 1 commentaire
Mots-clés : Smart city, Europe

L'émergence de nouveaux moyens de communiquer a changé la donne dans l'organisation des groupes criminels. Le trafic de films piratés est symptomatique de ce remaniement.

Les nouvelles technologies ont fait évoluer l'organisation et les activités des groupes criminels. Notamment en leur offrant la possibilité de commercialiser des copies de films piratés. Ce sont les conclusions du RAND, qui a mené l'enquête sur les relations entre piratage, crime organisé et terrorisme. L'étude, menée dans vingt pays, se fonde sur des interviews avec plus de cent vingt représentants de la loi. Les chercheurs, dirigés par Greg Treverton, responsable du Centre pour le risque et la sécurité mondiale du RAND, sont arrivés à la conclusion que le crime organisé est de plus en plus impliqué dans le piratage de films. Leurs membres seraient actifs tout au long de la chaîne logistique : du constructeur au vendeur de films piratés à la sauvette. Les chercheurs du RAND démontrent l'existence d'une connexion large, géographiquement dispersée et incessante entre le piratage et le crime organisé.
De fortes marges de profit
"Au vu des énormes marges de profit, ce n'est pas une surprise que le crime organisé ait versé dans le trafic de films", avance Greg Treverton. L'étude montre que graver une copie de film piraté en Malaisie coûte environ 70 cents. Revendue 7 euros en Europe, cette contrefaçon permet d'effectuer plus de 1000 % de bénéfices. Soit plus que la marge réalisée dans le trafic d'héroïne indienne ou de cocaïne colombienne, selon les chercheurs. Aussi bien documenté en Amérique du Nord qu'en Europe ou dans d'autres régions du monde, le compte-rendu souligne l'implication du crime organisé avec le piratage des films en Amérique du Sud, en Russie et de nombreuses régions de l'Asie. Selon l'étude, les profits de la piraterie des films ont aussi été utilisés pour soutenir les activités de certains groupes terroristes.
Une implication mondiale
Les chercheurs exposent notamment trois cas particuliers où le piratage de films a soutenu ce type d'organisations. Le pouvoir croissant de petits groupes dans l'économie mondiale nécessite d'étendre la notion classique de "crime organisé", selon l'étude. Le groupe de chercheurs avance que ce nouveau pouvoir est né de la confluence de la technologie, des réseaux et des alliances. Et rappelle que le FBI définit le crime organisé selon des notions géographiques, liées à un territoire. Mais un récent compte-rendu des Nations Unies montre que cette organisation traditionnelle s'est progressivement étendue, pour inclure de nouveaux fonctionnements. Ceux-ci dérivant de la mondialisation des marchés et la distribution généralisée des technologies.

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1 Commentaire

Donc pour retirer cette source de profits financiers aux groupes criminels, il faut légaliser le téléchargement peer-to-peer! (ça ne nuit pas à la santé des spectateurs de films -- contrairement à l'idée de légaliser la vente de drogue)

Soumis par Daniel Halber (non vérifié) - le 15 mars 2009 à 01h11

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